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Be Kind, Rewind #8 – Pulp Fiction

   Pulp Fiction, voilà le film culte de Quentin Tarantino, souvent et pour la plupart considéré comme l’un des meilleurs films de tous les temps. Sorti en 1994, scénarisé puis réalisé par Tarantino en personne. Son style est à la fois admiré et critiqué par la presse car, certains lui reprochent une fascination malsaine pour la violence et une recherche du plaisir immédiat pour le spectateur. On remarque en effet chez lui un goût prononcé pour la culture populaire, l’humour noir, le décalage et l’absurde que l’on retrouve particulièrement dans Pulp Fiction. Il s’amuse par ailleurs beaucoup avec des références qu’il place tout au long du film. Par exemple des références à la Nouvelle Vague avec les prénoms Jules et Jimmy, hommage au film Jules et Jim de Truffaut ou encore la très mythique coupe à la Karina de Thurman.

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Synopsis :

Pulp Fiction décrit l’Odyssée sanglante et burlesque de petits malfrats dans la grande jungle d’Hollywood, où s’entrecroisent les destins de deux petits tueurs. Tout commence dans un café restaurant de Los Angeles, tôt dans la matinée, un couple de jeunes braqueurs, Pumpkin et Yolanda discutent des risques que comporte leur activité. Après un certain moment, ils décident d’attaquer le lieu, afin de pouvoir dévaliser à la fois l’établissement et les clients. Deux truands, Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) et son ami Vincent Vega (John Travolta), ont pour mission de récupérer une mallette au contenu mystérieux et de la rapporter à leur patron Marsellus Wallace (Ving Rhames).
Avant de commencer leur affaire, ils discutent de tout et de rien et Vincent fini par confier à Jules que Marsellus l’a chargé de tenir compagnie à sa femme Mia (Uma Thurman) le temps d’une soirée. Et cette soirée ne va pas se passer comme prévu..

Le premier atout de ce film est son scénario et la façon dont il est monté. Un travail très approfondi. Basé sur le système d’un flashback, le film n’est pas linéaire et on assiste à plusieurs épisodes qui ne sont pas placés dans l’ordre chronologique. Ce qui n’empêche pas de comprendre l’histoire assez facilement. Ce n’est pas la structure qui fait de Pulp Fiction un grand film mais son mariage de caractères vivement originaux avec une série d’évènements et des dialogues parfaitement fondés. Époustouflant même. Le film commence par sa fin, au café restaurant avec le couple de braqueurs. L’on remarque par ailleurs de la chronologie dans le dialogue, dans le sens où ce qui est dit avant fixe invariablement ou enrichit ce qui vient après. Le dialogue est la preuve que Tarantino a prit le temps de travailler sur la mise en scène dès le début et les scènes sont plutôt divisées en trois grandes parties, la narration est alors éclatée mais c’est ce qui a sans doute séduit le jury du Festival de Cannes en 1994.

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En plus de tout ça, le casting est hallucinant, avec une très belle brochette d’acteurs tous excellents. Bruce Willis, John Travolta, Samuel L. Jackson, Uma Thurman, Harvey Keitel, Christopher Walken ou encore Quentin Tarantino lui-même nous offrent 2h30 de pur bonheur tourné en cinémascope. Une fois le casting bouclé, le tournage du film commence en septembre 1993 à Los Angeles. Et comme à son habitude, monsieur Tarantino voit grand. Le film est bouclé en 10 semaines dans une ambiance plutôt décontractée, de film d’amis et film d’auteur.

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Pour Tarantino, musique et images ont toujours été liés pendant l’élaboration d’un projet. Mais l’une des plus grandes forces du film réside dans la galerie de personnages. Les gansters et les truands sont aussi typés que ceux des Pulp magazines dont Tarantino s’est directement inspiré pour l’affiche et le titre de son chef d’œuvre (en lien avec Black Mask).

De plus, en mettant en scène des bad boys au cœur de situations quotidiennes, on peut supposer que le cinéaste les humanise. Méthode d’identification pour le spectateur. Quoi de plus jouissif que d’entendre des malfrats pareils converser à propos de Big Mac, fastfood, et massages de pieds ? Quentin Tarantino à travers Pulp Fiction, parvient à nous faire rire avec des sujets noirs et glauques et montre encore et toujours l’étendue de sa virtuosité artistique. Grâce à son style personnel, et son penchant pour la prose – citation d’un passage de la Bible par Jules à plusieurs reprise dans le film – Tarantino fait de l’innovation postmoderne d’une manière irréprochable.

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On peut donc dire que Pulp Fiction a ressuscité la carrière de John Travolta, fait étoile à Samuel L. Jackson et Uma Thurman, et que Bruce Willis a donné de nouveau muscles au box-office. Bref, un géant du cinéma indépendant. Du divertissement à prendre avec beaucoup de recul. Un ovni qui nous affirme que ce réalisateur s’impose comme l’un des meilleurs et mérite amplement sa Palme d’Or à Cannes en 1994.

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