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Be Kind, Rewind #9 – Black Swan

Chaussez vos chaussures de danse pour le dernier thriller de Darren Aronofsky.

Pendant que le rappeur Jay-Z et monsieur Sarkozy tapaient la causette lors du match PSG/FC Barcelone au Parc des Princes, la rédaction n’a pas chômée. En effet, cette semaine beaucoup d’évènements se sont déroulés mais ce weekend on préfère se poser confortablement dans nos canapés histoire de décompresser et de porter notre attention sur l’un des derniers films de notre cher Darren Aronosfky sorti en 2011 : Black Swan.

BKR#9

Black Swan, dit le cygne noir, est un mélodrame d’une intensité extrême, glorieuse, et sombre à la fois. Un film centré sur la performance de Natalie Portman reflétant le conflit du bien et du mal dans le ballet de Tchaïkovski avec Le Lac des cygnes. La danse classique se prête à l’excès. La ballerine Portman en perd ainsi l’esprit.

Synopsis 

Nina Sayers (Natalie Portman) obtient le rôle principal dans Le Lac des cygnes de Piotr lliitch Tchaïkovski au sein du très prestigieux New York City Ballet et attise alors la jalousie des autres danseuses. Sa vie entière est vouée à la danse. En apprenant sa destitution de danseuse étoile, Beth Intyre plonge dans une profonde dépression. Le chorégraphe et directeur artistique, Thomas Leroy (Vincent Cassel), entraîne Nina à briser la carapace qu’elle s’est forgée. La jeune femme continue d’habiter chez sa mère, qui l’encourage avec sérieux à réussir sa carrière et la surprotège. Au fur et à mesure des séances d’entraînement, des phénomènes étranges ont lieu et s’entremêlent aux angoisses de Nina.
Mais une nouvelle provenant tout droit de San Francisco arrive, Lily (Milla Kunis) la seconde interprète. C’est alors que la rivalité de Nina et Lily se mue peu à peu en amitié perverse. Plus la représentation approche, et plus la personnalité et le corps de Nina se transforment, elle en découvre de plus en plus son côté sombre…

BKR#9

Un film au format 16mm pour des raisons esthétiques à 13 millions de dollars mais un film psychologique capable de faire monter la tension petit à petit à en devenir angoissant. Les personnages permettent aux acteurs de développer et de laisser leur jeu s’exprimer au maximum. Natalie Portman est juste magique et très émouvante et sa performance est une révélation. Les autres acteurs sont tous aussi bons. Barbara Hershey (Erica Sayers) offre une performance parfaitement calibrée de l’amour réel d’une mère pour son enfant.

La schizophrénie du personnage est superbement mis en scène, le scénario est inattendu et ça fait plaisir. L’Art de l’affiche suffit à nous donner des frissons. Le Lac des cygnes exige qu’une danseuse soit capable de camper le rôle du cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, mais aussi celui du cygne noir symbolisant la ruse et la sensualité.

BKR#9

Une dualité qui s’avère destructrice. Elle révèle le monde très dur de la danse artistique de haut niveau. La tension palpable que subissent de nombreux artistes et athlètes en quête de perfection dans un domaine qui conduit à faire des sacrifices. Nina ne se focalise plus que sur une seule chose : plaire et à devenir parfaite dans son rôle et en oublie le fait d’être heureuse. La mutation de la jeune femme, insidieuse au départ puis de plus en plus explosive, illustre ainsi la personnalité de l’héroïne, qui passe sans raison apparente de la douceur à l’agressivité, du retrait à l’exhibition, de la froideur à l’excitation et de l’hétéro à l’homosexualité. Ainsi, en plaçant le spectateur dans ce même état de doute interprétatif, le genre fantastique adopté par Darren Aronofsky se révèle magistralement adapté à la représentation du délire auquel la danseuse est en proie.

Par ailleurs, le cinéaste dépeint une particulière mise en abîme de la folie de star, car la star est automatiquement une personne qui se regarde et que l’on regarde (jeu des miroir tout au long du film). La star, c’est le double : une personnalité humaine et le rôle qu’elle va par la suite jouer. De même, Aronofsky fait basculer Nina dans une sorte de folie hallucinatoire, qui reflète son état de conscience. Cependant c’est un film qui pousse à s’interroger sur soi.

BKR#9

Un film qui ne manque pas d’originalité, fort éprouvant et grandiose par l’interprétation parfaite des acteurs et à la réalisation irréprochable. Bien sûr, le cinéaste abuse des miroirs, mais disons-nous que c’est pour la bonne cause. En revanche, Black Swan est un film envoûtant et sombre aux quelques scènes violentes et érotiques qui ne peuvent être vues par tout public.

« Ta seule ennemie, c’est toi-même »

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