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Interview #9 – Naâman

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NJP 2014 : à la rencontre de Naâman !

C’est à l’occasion des Nancy Jazz Pulsations que nous avons eu la chance et l’honneur de rencontrer Naâman pour lui poser quelques questions avant son concert pour la soirée reggae, avec qui il partageait l’affiche avec Omar Perry, Anthony B et Tarrus Riley. Naâman c’est un peu le “petit nouveau ” de la scène reggae française mais il est déjà bien présent. Avec sa voix et son flow, il n’a rien a envier aux plus grands. Sa bonne humeur et le feu qu’il met sur scène font le reste.

Ses textes trouvent leur inspiration aussi bien dans les vieilles racines du reggae, que dans ses propres expériences (bien souvent romantiques). Mixez cela à sa voix et vous obtiendrez le bon son qu’on aime. C’est donc dans un petit pavillon bien confortable, installé prés du grand chapiteau, que Naâman nous a accueilli très chaleureusement.


Bonjour Naâman. Tout d’abord je souhaite te dire que c’est un réel plaisir de te rencontrer, je suis un vrai fan de ce que tu fais. On va commencer par une question de routine, c’est ta première fois à Nancy si je ne m’abuse ?

Ouais, exact. J’ai souvenir qu’on soit passé dans la région, mais jamais à Nancy même.

Pour ta première fois aux NJP tu es en compagnie de très belles têtes d’affiches. Quelles sont tes premières impressions ?

C’est super ! C’est un festival très complet. Je suis super fier de venir jouer parmi des artistes internationaux aussi “big” que ça. Des artistes comme Tarrus Riley, c’est forcément des artistes qu’on apprécie beaucoup, comme Anthony B. C’est des artistes qui ont façonné le reggae et qui continuent de le faire, donc être ici c’est un réel plaisir.

Tu es en fin de tournée, il te reste une dizaines de dates, qu’est-ce que tu vois pour la suite ?

Alors pour l’instant voyage et puis composition. Ensuite, écriture et enregistrement d’album. Gros taff pour le deuxième album. On va d’abord sortir un petit projet intermédiaire en Décembre, et un petit truc en plus avec deux jamaïcains : Massy & Triple (Chill out) ; puis on va sortir un petit 6 titres et enfin viendra l’album, plutôt à la rentrée 2015.

Tu as fait également quelques dates à l’étranger. En Russie, en Chine, en Angleterre…

Ouais exact, on est allés au Canada également, avec Fat Babs, c’était vraiment cool. Les chinois, par exemple, le reggae c’est une musique qu’ils écoutent pas du tout, qu’ils jouent rarement. On était les seuls à en faire dans un petit festival, où il n’y avait que du rock, mais au final on a eu un super retour et ça fait plaisir.

En parlant de voyage, c’est vrai que tu as fait un détour par la Jamaïque. Tu as enregistré dans des studios mythiques qui ont vu passer Bob Marley, entre autres. Tu t’es fait des contacts ?

Ouais, carrément. La Jamaïque c’est vraiment un super spot pour ça. C’est vraiment très riche culturellement, alors on en tire vraiment de bonnes choses.

Je me souviens la première fois que je t’ai vu dans un clip, tu étais dans une cave d’enregistrement devant ton micro, filmé en noir et blanc. Quand je vois la qualité de tes clips maintenant, on voit très clairement l’évolution. Comment ça se passe au niveau des investissements ?

[Rires]. Il y en a qui sortent encore dans des caves. Le prochain sera peut-être encore dans des caves aussi. Mais ouais, c’est toujours fait en mode : on appelle des potes, qui appellent des potes. On a pas trop de moyens, surtout dans le reggae music.

Tu peux me parler de ton groupe, les Young Kha. C’est avec eux que tu as commencé ?

C’est un peu après que j’ai commencé. J’ai commencé en sound system et après est venu Young Kha. C’est des gars que j’ai rencontré plus tard. On a fait trois ans de travail ensemble, c’était un groupe de musiciens assez tranquilles. On travaillait, mais on avait pas ce genre de tournées importantes, comme on peut avoir maintenant. Il y avait pas le même sérieux, mais on y a pris beaucoup de plaisir. J’ai vraiment découvert la musique avec des vrais musiciens.

Tu ne dois pas avoir trop le temps en ce moment, mais il y a des groupes que tu écoutes beaucoup ?

C’est vrai qu’on a pas trop le temps, mais on écoute pas mal de trucs quand même. Surtout des grands classiques comme Gregory Isaacs ou Dennis Brown. Mais c’est vrai que les groupes actuels, on les écoutes, mais j’ai pas encore de petit appareil pour tout écouter, donc j’écoute ce qu’on me passe.

Tu peux nous parler de la récompense que tu as reçu aux Victoires du Reggae pour ton premier album nommé « Album Reggae French Touch 2014 » ?

Ça fait super plaisir, on était très fiers de notre public. Parce que tu sais, tout ça, ça se passe avec le vote du public. C’est pas un jury de présumés professionnels, qui connaissent le reggae depuis des années, qui disent “c’est lui le meilleur”. Là c’est une vraie « fan base » qui vote, donc ça montre qu’il y a des gens qui nous suivent.

Au vue du succès que tu as et de tes débuts prometteurs, tu as des petits conseils à donner pour les novices qui voudraient percer dans le reggae ?

Pour les novices, déjà, il faut faire la musique qu’on aime, sans essayer de ressembler à quiconque. Mais en même temps, il faut pas oublier que « qui n’imite rien, n’invente rien » ; donc il faut savoir faire la juste mesure et ne pas se voiler la face. La voix c’est l’expression de l’âme, alors il faut qu’elle soit vraiment clean pour être compréhensible par les autres ; dans le sens où ceux qui en font trop, cela ne marche pas. Le travail est aussi très important, bien sur. On me l’a dit quand j’étais gosse, alors je le répète : le travail et l’acharnement, il n’y a que ça de vrai.

On te remercie beaucoup d’avoir répondu à nos questions et on te souhaite bon courage pour le concert qu’on va aller voir avec plaisir !


Ainsi prend fin cette belle interview. On a donc assisté à son concert pour la soirée reggae du NJP. Le public était un peu frileux quand Naâman est arrivé sur scène, mais dès la première chanson il a su charmer tout le monde. Avant la fin du premier morceau, le public est arrivé en masse et la salle s’est remplie entièrement. La foule s’est réveillée et l’intensité était au rendez-vous. Naâman sait parfaitement comment mettre le feu à son public, et le public le lui rend bien. On a senti toute l’énergie (et la beuh) déferler dans la salle. Aucune anicroche pendant le concert, un grand respect. On sent qu’il a pu se roder durant sa tournée et qu’il maîtrise son sujet sur le bout des doigts.

Un grand merci à Naâman et aux Nancy Jazz Pulsations !

Bastien Walquevis.

Crédit Photo : ©Webdees.

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