Musiques We Love Night

We Love Night ☾ L’équipe de nuit : Volume Deux

8

La nuit. Pour certains, il s’agit d’un véritable fleuron, une apothéose ou même un accomplissement. Les autres y verront la simple continuité du cycle soleil/lune. Et quelques un vous diront qu’ils vivent dedans depuis trop longtemps.

Bienvenue de l’autre côté. La nuit est tombée et WLN quitte son habit de lumière pour embrasser son contraire.
Vous voilà échoués dans une chronique à caractère sensuel, auditif et peut être philosophique selon vos envies.
Un simple objectif: trouver de quoi fermer les yeux et laisser les ténèbres nous balader dans un lointain éthéré.


Aller. Réveil. Café. Le feulement du froid avant de fermer la portière avant de la gov’. On se réchauffe, on s’agite, je cherche ma place dans l’habitacle. La route défile dans ma tête avant même avoir quitté la ville, des bribes de souvenirs s’entrechoquent et se mêlent afin de récréer l’itinéraire.


Quoiqu’il arrive c’est la redécouverte, l’attente, le trac presque. L’impression de remonter sur scène après une longue absence m’occupe l’esprit un moment. N’ai-je été qu’un de ces masques ? Ou est-ce que j’pressens la possibilité de devoir l’être bientôt/à nouveau ? Mon fil d’Ariane se noue vite, sous l’action de mon corps qui s’invite. La bulle éclate, j’entends de nouveau la radio qui braille des conneries incessantes.
Et j’ai besoin de sucre, j’ai besoin de sucre … Deux Ricola et une clope plus tard, m’revoilà back dans ce jeu de routes, hypnotisantes, serpentant, susurrant à l’intérieur de ma tête. Ce qui m’attend là-bas n’est encore qu’un souvenir que les années ont recouvert d’une brume agréable, délicate. Le sucre et le sel d’enfant que je goûte ne semble plus m’appartenir. Putain, c’est peut être plus compatible. On s’arrête, on pisse.
Un regard sur un bijoux et c’est mon âme entière qui prend un virage en dent de scie, flanc de falaise, aquaplanning et incendie.
Puis le paysage change peu à peu, je reconnais et savoure ce plat pays. Je n’y suis pas né. Et on s’en branle. J’apprécie la vue. Les étendues ne succèdent plus mais se fondent avec l’abolition totale du relief. On croirait l’horizon avalé par la courbure du corps céleste qui nous abrite. L’infini. C’est pas très joli pourtant.
Mais ces terres ont quelque chose de fascinant. Champs de maïs, de blé, de colza … Champs d’éoliennes qui transpercent la terre, des glaives d’aciers blanc tournant sans cesse … Champs de mines.
Mon souvenir s’éclaire, on arrive alors que le soleil s’échappe. Les jambes engourdies et la gerçure du froid avant de fermer la portière avant de la gov’.

J’ai dis ans, je dors. Grande respiration, feux de bois. L’immensité tout autour et le l’air si dense qui emplit mes poumons dans leurs moindres recoins pour mieux les comprimer. Le poney Jena Lee. Et le reste noyé dans une ellipse. Le choc de ces années manquées et irrattrapables, de ces cycles renouvelés n’appartiendra qu’à moi, maintenant et à jamais.

Retour. Réveil. Café. Les embrassades suivent, masques restés au placard. Les griffures du froid avant de fermer la portière avant de la gov’. C’est désormais connu que le paysage défile, je guette d’un oeil comme on n’écoute d’une seule oreille. Dans un flottement attentif. Le bilan s’annonce, les cases cochées, analyse, conclusion. Je n’ai plus faim, mon corps n’est que fromage et charcuterie, j’ai en moi la chaleur des lieux reculés. Elle est dense, forte et douce. La caresse sur mon coeur d’une main caleuse. J’ai l’esprit plus encombré, précoccupé, fragile. Quitter est plus dur et invasif qu’attendre de ne pas savoir.
Comme une discussion fermée entretenue avec moi-même. Alors je m’échappe, mes songes s’emballent, mes rêves semi-conscients deviennent réalité, la barrière se fracture et je peux toucher ce que j’imagine. Derrière la fumée de ma cigarette se dessine dans les nuages en dehors de l’habitacle l’océan. grand et fier, la jonction est face à moi, je l’ai
sous les yeux. Merde une colonie de baleines immenses se dessine et m’émerveille, l’écume vivace les entourant. Où est-ce dans ma tête que je les dessine, que je cherche à résoudre l’équation de mes vides ?
N’empêche qu’elles tracent, elles sont belles, à travers ce reflet de la mer que l’on observe d’en bas. J’y crois d’un oeil, d’une oreille. Et j’aspire à je ne sais quoi. Pendant quelques kilomètres l’absence des oiseaux dans le ciel m’angoisse presque, puis les observateurs sur lignes électriques me rassurent. Un regard sur un bijoux et je me laisse glisser, flotter, des souvenirs encore et ces courbes que j’effleure dans un souffle. Le sucre et le sel qui m’enivre désormais.

Et je rêve pour ne pas voir. Et j’arrive. La morsure du soleil qui s’enfuie toujours avant de fermer la portière avant de la gov’.

GRAND MÉCHANT KRÈME

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