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ART – L’Urbex

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L’Urbex, c’est qui, c’est quoi ? Tout d’abord, c’est la contraction de l’expression anglophone “Urban Exploration” soit littéralement “exploration urbaine” dont les adeptes sont les “Urbexeurs”. Voilà pour le jargon. Pour la petite histoire, c’est au célèbre explorateur urbain, Jeff Chapman alias Ninjalicious, que l’on doit cette appellation depuis les années 1990.

Le principe est de visiter des endroits insolites, un peu éloignés des sentiers battus, oubliés par le commun des mortels qui n’y portent pas d’intérêt. Peu importe qu’ils soient abandonnés (friches industrielles, usines, vieilles maisons…) ou occupés (toits d’immeubles, grues…), leurs accès sont en théorie interdits au public ou du moins difficiles. Parfois, pour éviter accidents, vols et détériorations, les sites désaffectés sont murés et solidement grillagés. Cela complique l’intrusion mais ne la rend pas pour autant impossible.

Vous l’aurez compris, il s’agit d’une pratique plutôt clandestine qui flirte avec l’illégalité. Pourtant, le phénomène ne date pas d’hier. Il a seulement pris beaucoup plus d’ampleur ces dernières années avec l’essor d’Internet. En effet, si l’exploration en tant que telle reste discrète, son résultat est beaucoup plus visible aujourd’hui sur la toile. On ne compte plus le nombre de blogs, sites et réseaux sociaux dédiés sur lesquels circulent photos et témoignages. L’occasion pour nous, d’en savoir un peu plus sur les “Urbexeurs”. Qui sont-ils ? Quels sont leurs profils et motivations ?

On a tous en nous un côté “aventurier” plus ou moins marqué. Enfant, qui n’a pas été tenté de s’introduire en douce, seul ou en groupe, dans la maison inoccupée du coin, pour s’amuser ou simplement se faire peur ? Les explorateurs urbains sont donc des gens comme vous et moi, jeunes ou moins jeunes. Animés par des envies propres à chacun, tous s’accordent sur des principes fondateurs consistant à ne pas s’introduire par effraction, à ne rien détériorer ni voler et à laisser aux futurs visiteurs les lieux tels qu’ils ont été découverts. Les tags qu’on y trouve ne sont donc pas leurs traces de passage.

L’Urbex se décline en plusieurs courants. Premièrement, on trouve la “toiturophilie” ; ses adeptes cherchent à prendre de la hauteur. Pour cela, ils se lancent à l’assaut, le plus souvent en nocturne, des toits d’immeubles, des clochers ou autres grues. Perchés à des dizaines de mètres du sol, ils ont la satisfaction d’apprécier un vaste panorama, de ressentir plus fortement les éléments (le vent, la pluie, la fraicheur) sans personne pour troubler leur tranquillité. A l’inverse, le groupe “cataphile” privilégie quant à lui la profondeur. Egalement à la recherche de solitude, les cataphiles parcourent les galeries souterraines (cryptes, caves, anciennes carrières, stations de métro fermées, ou encore réseau d’égout…).

Pour les parties vraiment difficiles, un équipement de spéléologie s’avère nécessaire. Il n’est pas rare de devoir franchir des galeries inondées ou de descendre à travers des trous profonds. Enfin, le gros de l’exploration urbaine réside dans les friches industrielles. Chaque ville possède son usine, souvent démantelée et vandalisée. Ses visiteurs sont en quelque sorte les derniers témoins de tout un savoir-faire industriel voué à sombrer dans l’oubli avant de disparaitre sous les coups d’une réhabilitation ou d’une destruction totale.

Les uns s’attachent à l’histoire et à l’âme qui hantent encore les lieux, d’autres sont à la recherche d’adrénaline et trouvent satisfaction dans le simple fait de braver des interdits, de franchir des portes censées rester closes. Enfin, certains assouvissent leur passion pour la photographie, comme Aurélie, qui se confie sur son expérience :

« J’ai découvert l’Urbex il y a environ 2 ans, à l’occasion d’un stage photo sur site industriel. Le but était de capter et d’immortaliser des ambiances sans rien toucher. Pendant deux bonnes heures, avec la discrétion d’une petite souris, j’ai déambulé dans l’espace et j’ai mitraillé. Seuls les bruits des courants d’air, de l’eau qui s’infiltrait par la toiture béante et du crépitement des appareils photos rompaient avec le silence, amplifiés par le vide. J’étais vraiment emballée. Même si l’atmosphère était pesante, l’excitation était à son comble. La lumière changeait sans arrêt. Les ombres s’animaient sous l’effet d’un rayon de soleil vite chassé par un nuage. Des lambeaux de laine de verre se balançaient au vent, derniers vestiges d’un faux plafond éventré, on aurait dit des pendus. J’étais loin de ma vie de tous les jours, un peu seule au monde dans une autre dimension ! Sur le coup, tu es dans ton truc, tu photographies des structures métalliques, des bidons, des gravats…, ce n’est que plus tard, quand tu décharges tes photos, que tu réalises ce qui t’es arrivé ! Tous les dangers encourus te reviennent en tête : risque de se faire surprendre, de se blesser avec des bouts de ferraille ou encore de passer à travers le sol. »

Riche de son passé industriel, notre région recèle un nombre important de friches industrielles, d’usines, de chantiers et de lieux divers où tenter l’aventure de l’Urbex. Nancy et son agglomération ne sont pas en reste, vous y trouverez des endroits de notoriété publique. Par soucis de discrétion nous ne les citerons pas. Après tout, c’est ça aussi  l’exploration, arpenter la ville et dénicher ses propres coins ! Quelques pistes tout de même : Meurthe/Canal, Liverdun, Laneuveville, Champigneulles, Laxou, Pont-à-Mousson, Toul… Ceci dit, si vous voulez pratiquer, prenez un maximum de précautions.

Gardez bien en tête qu’en pénétrant dans une propriété privée, vous vous exposez à des poursuites. Toute intrusion est un délit. Même si c’est rare, les propriétaires peuvent porter plainte contre vous. Ne négligez pas la sécurité : certains lieux sont mal fréquentés, encore pollués, en très mauvais état et propices aux accidents. D’autres sont en réhabilitation et donc susceptibles d’être surveillés par des gardiens.

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