Musiques

MUSIQUE – La descente aux enfers de Ten Walls

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Ten Walls : la descente aux enfers !

Il aura fallu d’un seul message, publié sur son compte Facebook, pour que Mario Basanov, plus connu sous le nom de scène Ten Walls, soit rapidement déprogrammé des plus grands festivals, perde dans la foulée son agent, ses agences de booking, dont Miala (son agence en France) ; et retourne à la postérité. Pour vous restituer un peu le personnage et le contexte, Ten Walls est un artiste lituanien d’une trentaine d’années qui s’est fait connaitre courant 2014 grâce à son titre très prometteur « Walking With Elephants » qui a vite dépassé les 10 millions d’écoutes sur YouTube, et qui annonçait un certain renouveau et un souffle particulier à la deep-houes actuelle.

Le succès fut immédiat. Commence alors des tournées aux quatre coins du globe. New York, Berlin, Londres… des villes très influentes dans le monde de la techno et de la house. Tout le monde de la nuit l’accueille pour la promotion de son album « Sparta » au style, une nouvelle fois, très futuriste. Mais un évènement marquant est venu mettre un stop à cette ascension fulgurante la semaine dernière. L’artiste a publié, sur son compte personnel Facebook, un message à caractère homophobe et pédophile, dont voici des extraits :

« Je me rappelle avoir produit de la musique pour un musicien lituanien qui a essayé de me laver le cerveau en me disant que je n’avais pas à être aussi conservateur et intolérant envers eux [les gays, ndlr]…

Quand je lui ai demandé : “Que ferais-tu si tu réalisais que l’anus de ton frère de 16 ans était défoncé par son copain ?”, il est resté silencieux.

Lors de l’un de mes premiers concerts en Irlande, sur le chemin de l’hôtel, j’ai vu une église avec une clôture décorée de chaussures de bébés. Naturellement je me suis demandé pourquoi.

Malheureusement, le mensonge d’un prêtre, qui durait depuis plusieurs années, avait été découvert, des enfants avaient été massivement violés. Malheureusement, les gens de l’autre race continuent de faire ça, et tout le monde le sait, mais ne fait rien. »

En mettant les pédophiles dans le même sac que les homosexuels, il a mis le feu aux poudres en validant ce message. Sachant qu’à la base, la house est une musique tout droit venue de Chicago, d’un club du nom de The Warehouse, qui a fait les beaux jours de Frankie Knuckles ; un endroit où des pionniers ont aussi fait leur classes, comme Lil Louis et son fameux titre French Kiss. Un club ou la communauté gay, afro-américaine et hispanique se retrouvait pour danser sur des titres discos, new wave ou synthpop… Le clubbing était à la base perçu comme un moyen pour que les minorités se retrouvent plus facilement dans la société la nuit, mais aussi de faire de nouvelles expériences que ce soit musicales ou sociales, voires sexuelles.

La house est arrivée la même année que le Sida en France, en 1987. Les gens ont découvert que l’on pouvait souffrir de cette maladie en même temps qu’ils ont découvert ce nouveau style de musique. La house était à l’époque la musique qui faisait oublier tous les problèmes, une musique qui vous parle, vous console, vous accompagne pour oublier vos soucis, oublier les discriminations et autres injustices. Danser dessus c’est une façon de se libérer. Tous les évènements que sont la techno-parade ou la gay-pride, ont été portés par la communauté gay, et cette communauté a joué un grand rôle dans l’évolution de ces styles musicaux, qui sont devenus si emblématiques de nos jours.

La réaction de cet artiste, le message qu’il a voulu faire passer, n’est pas tolérable. Le faire sur les réseaux sociaux a accéléré la chute de l’artiste. Le monde de la musique a renié un de ses nouveaux représentants aussi vite qu’elle l’avait adopté. Lui qu’il voulait faire un break, voici son souhait accompli ; mais sa carrière en prend un gros coup. Cela va être dur pour moi d’entendre un morceau de cet artiste si talentueux, mais suicidaire à la fois, après avoir vu les idéologies de cet artiste. R.I.P. Ten Walls (2014-2015). Pour finir cet article, comme l’a si bien dit Jimmy Edgar à ce propos :

« One person’s lost career is another person’s awakening »

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