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Interview #25 – La Fine Equipe

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Interview #25 – La Fine Equipe

Cap sur Bulligny, en Lorraine, où s’est déroulé cette 11ème édition du festival le Jardin du Michel du 5 au 7 juin 2015. Au-delà d’une offre artistique contemporaine ambitieuse incitant à la mixité sociale, le Jardin du Michel permet à chacun de vivre une expérience épanouissante et pleine de rencontres. Lors de ces trois jours de musique intense, la rédaction a eu la chance de rencontrer les artistes de ce festival riche en émotions et en gros son. A cette occasion, nous avons pris le temps de nous poser dans un coin du festival en compagnie des membres du groupe de La Fine Equipe le temps d’une interview.

Supportés par une armada de djs/beatmakers, bien entourés par leur label Nowadays Records, les quatre acolytes qui forment La Fine Equipe : oOgo, Chomsky, Blanka et Mr. Gib, se sont retrouvés sur l’une des scènes du Jardin du Michel le Vendredi 5 Juin. Le beau temps et la chaleur estivales étaient au rendez-vous, extase et descente comprise, rencontre avec ces artistes complets et affûtés dont la singularité fait mouche. Un concert qui nous fait encore frissonner.


Tout d’abord, merci d’être avec nous. On se présente les gars ?

Gib : Salut, alors moi c’est Gib, dj et beatmaker pour La Fine Equipe.
Chomsky : Salut We Love Nancy, moi c’est Chomsky de La Fine Equipe.
oOgo : Moi c’est oOgo de La Fine Equipe. Pareil, je suis dj et beatmaker.

Pourquoi La Fine Equipe ? Comment vous définiriez-vous en 3 mots ?

oOgo: La Fine Equipe est en grosse partie originaire de Marseille, quand je dis en grosse partie c’est-à-dire qu’on est quatre normalement, dont trois de Marseille ; là il nous manque Blanka ce soir. Alors je ne sais pas si ça se dit partout, mais à Marseille quand on dit La Fine Equipe, ça signifie les bras cassés ; et c’était un concept un peu ironique, des mecs qui ne se prennent pas au sérieux, une équipe de merde. Il nous fallait un nom de groupe donc on a choisi La Fine Equipe parce que ça nous amusait. C’est même un pote à nous qui nous a trouvé ce nom.

Chomsky : 3 mots pour nous définir, c’est difficile… La. Fine. Equipe. Non, sérieusement on va dire : beatmaking, Jay Dee, et peut être amusement.

oOgo : Et les amis j’ai envie de dire.

Chomsky : J’ai pas d’amis moi. (rires)

Mais alors vous vous êtes rencontrés comment ?

oOgo : On s’est rencontrés à Marseille à la base, on faisait du son avec Blanka et Mr. Gib et moi oOgo, on faisait aussi du scratch, un peu comme si tu voyais Birdy Nam Nam ou C2C, on était vraiment djs techniques et donc c’est l’époque où on allait faire des soirées à Marseille, des nuits blanches de scratch et on expérimetait des sons, donc c’était vraiment cette scène scratch/musique et djing. Après on a commencé à faire de la radio, à se mettre à produire du son, et on est tous montés à Paris, et c’est là qu’on a rencontré Chomsky qui nous a rejoint dans le groupe. De là on a produit notre premier album, La Boulangerie, qui est sortie en 2008.

Depuis combien de temps vous connaissez-vous ?

oOgo : Cela s’est fait progressivement. Moi j’ai rencontré Blanka en -98, donc ça fait un p’tit moment. On s’est rencontré on était jeune.

Gib : On se connaît depuis longtemps, on a fait de la musique ensemble mais on existe en tant que groupe que depuis qu’on a sorti notre premier album, en 2008. Pour les live, on performe sur scène depuis 2012 seulement. Donc avant on faisait vraiment du son en studio, on produisait de la musique sans vraiment se poser la question de se présenter sur scène ou pas, et puis finalement on y a goûté, ça nous a plu, et on a envie d’y retourner.

Sinon c’est quoi vos influences ?

Gib : C’est super large, c’est ça qui est cool parce qu’on est nombreux. Cela va de la soul, au funk, au jazz, au hip hop. Principalement au hip hop pour la majorité d’entre nous, mais il y a aussi le rock, psyché, les musiques progressives des années 70, et énormément de musique actuelles ; toute la scène beatmaking futur beat, tout les gars comme Flume et pleins d’autres. Mais dis-toi qu’essentiellement, les deux gars qui nous ont vraiment fait nous rencontrer et partager notre amour pour la musique c’est Jay Dee, et Madlib.

Une collaboration que vous aimeriez entreprendre ?

Chomsky : C’est une bonne question, hum… je ne sais pas vraiment.. .

Gib : Y’a pleins de gens avec qui on aimerait bosser. On a envie de bosser avec des rappeurs, de faire des featuring avec des beatmakers, moi ça pourrait être une collaboration avec Imhotep, le gars qui fait les instrus pour IAM par exemple. Il vient de Marseille et j’adore la musique qu’il produit ; mais t’en a pleins d’autre comme le rappeur Cuity ou des beatmakers plus vraiment axés sur la production musicale avec qui on aimerait bosser. Mais après c’est difficile d’en citer comme ça.

oOgo : Moi ce serait Michael Jackson !

Quand on écoute la Boulangerie III, on ne repère pas forcément la personnalité de chacun, du coup pouriez-vous décrire chacun des membres simplement, qui fait quoi ? Qui est qui ?

Gib : Y’a pas vraiment de rôle prédéfini. En fait une Boulangerie c’est comme une recette, c’est juste si t’as envie de la faire à quatre mains, à six mains ou est ce que t’as envie de proposer ta composition tout seul. Nous le truc c’est qu’on fait souvent de la musique ensemble, et on partage les choses. oOgo est très fort en arrangements, c’est lui qui fait le tracklisting des albums, c’est lui qui fait la sélection de quel morceau va aller avant ou après un autre. Après y’a des gars comme 20Syl de C2C, qui a fait un featuring avec Kafutchino. Il nous a proposé son morceau comme d’autres nous proposent leurs morceaux. On reçoit pleins de morceaux, on fait une sélection de ceux qu’on trouve les plus pertinents et intéressants, et voilà.

Chomsky : On est tous beatmakers dans notre coin, on est tous dans nos studios, on y fait nos morceaux , et quand on se retrouve pour répéter ou pour chiller ensemble, on écoute les choses. L’un passe après l’autre, une épice ou autre chose tu vois. Y’a pas vraiment de règle, c’est ça qui est bien avec la musique électronique. On est pas un groupe standardisé avec basse, guitare, batterie… avec chacun un rôle prédéfini. On touche à tout, on est multi-instrumentistes et on a chacun du matériel très divers et des studios d’enregistrement un peu partout, donc c’est un joyeux bordel qui finit sur une belle compile.

Tout simplement, pourquoi la Boulangerie ?

Chomsky : La Boulangerie c’est un hommage à un beatmaker dont on parlait tout à l’heure qui s’appelle Jay Dee, J Dilla, qui a sorti son album posthume qui s’appelle Donuts. Pour nous c’était un moyen de  rendre un hommage à son album, que l’on a appelé La Boulangerie, à la française.

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On doit s’attendre à une Boulangerie IV ?

Chomsky : Pas pour l’instant, c’est pas prévu. Ou alors on en fera neuf, ça marche par trois.

oOgo : Par contre on a un EP de prévu pour la rentrée. Un gros EP de prévu mais qui ne sera pas sous le même concept que La Boulangerie, avec des invités, des rappeurs, des chanteuses. Donc y’a un projet pour La Fine Equipe de prévu pour la rentrée.

Dans vos DVD, des bandes sons de films apparaissent, j’ai repéré Calmos de Bertrand Blier avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. Vous êtes branchés cinéma ?

Chomsky : Ah oui carrément, on aime ça. Moi j’aime particulièrement la musique de film aussi, la librairie musicale, l’illustration sonore. C’est quelque-chose qui nous parle beaucoup et dans lequel on va piocher beaucoup dans le sampling. C’est quelque-chose, moi, qui m’a bien transporté étant petit et ce jusqu’à maintenant.

Vous continuerez à nous rajouter ces petites touches de cinéma ?

Chomsky : Oui on adore ça ; et on va même finir acteur aussi.

Gib : Cela nous permet d’introduire les morceaux qui arrivent et puis on est tous des kiffeurs de bouffe donc ça nous fait aussi super plaisir d’aller chercher des répliques dans les films, et particulièrement les films français qui parlent de bouffe. En gros ça illustre bien l’idée de kiffer, de passer un bon moment avec tes potes pour l’apéro ou bouffer.

Maintenant niveau production, comment cuisinez-vous vos morceaux ? De quoi partez-vous ?

Chomsky : A base de samples beaucoup. La Boulangerie I et II c’était beaucoup de recherche de musiques de tout styles, d’écoutes, de pleins de choses et c’est du gros deejaying. On sélectionne des petits moments, des breaks, et des choses qui nous plaisent, qui nous parlent. C’est vraiment lié au hip hop instrumental. Après sur LaBoulangerieIII on a un peu plus composé nos morceaux, on a des morceaux un peu plus longs où on a ajouté un peu plus de composition, que ce soit des synthés ou d’autres instruments divers, acoustiques… A la base ça part vraiment de matière et de sampling, c’est ça le gros du boulot. Y’a vraiment cette notion d’hommage aux musiques qu’on aime et qu’on a écouté en fait.

Trois morceaux que vous préférez jouer en live ?

Gib : Je dirais que c’est Rush Hour de Hoosky, qui est le duo oOgo et Chomsky qui ont fait une petite parenthèse électro. Make U Greedy qui est sur La Boulangerie III et le dernier morceau qu’on joue qui est Eat U. Voilà c’est mes trois préférés du live.

Chomsky : Moi ça serait Papanasi, un morceau de La Boulangerie II avec un sample roumain et hyper cool, hyper chargé, hyper funky, Make U Greedy et Eat U nos deux derniers du live.

oOgo : Moi j’aime pas trop le live qu’on fait (rire). Merde, on joue tout à l’heure là, bon qu’est ce que je dis.

Chomsky : Tu peux dire Tata Yoyo.

oOgo : Je rigole, j’aime beaucoup de manière générale la fin de notre live parce que je sens que je vais pouvoir rentrer chez moi… (rires). Non non, j’aime beaucoup la fin parce qu’on a construit un truc qui montre bien la fin, et à la fin on a un bloc d’un quart d’heure où tout les morceaux s’enchaînent donc dedans y’a un morceau qui s’appelle Talkin, y’a Make U Greedy et Eat U. On y trouve une bonne dynamique et c’est super cool de les jouer, mais c’est un peu court parce qu’on est tous Djs. On est habitués à faire des dj sets plus longs, pendant deux heures, et de les jouer dans des clubs. Je trouve que sur la fin c’est vraiment le moment où on est super bien dedans et y’a un truc qui fait que ça finit en grosse fête. Donc voilà mes trois titres préférés, qui sont sur La Boulangerie III.

Juste pour le plaisir, qu’elle est la dernière claque musicale que vous avez prise ?

Chomsky : Moi c’est Jamie XX, l’album qui vient de sortir et le morceau il s’appelle Obvs je crois.

oOgo : J’ai aussi adoré Jamie mais je crois que la dernière claque que je me suis pris et où je me suis dis “oh putain boum ça fait du bien” c’est l’album de Kendrick Lamar.

Chomsky : Oh mais y’a aussi Asap Rocky, LSD, qui est magnifique.

Gib : J’ai un gros trou de mémoire mais c’est un duo d’un des meilleurs groupe qui existe. L’album c’est Néant et le morceau s’appelle Nulle part. C’est hyper bien. Mais sinon Lost my Dass qui est un producteur de Los Angeles et j’adore ce qu’il fait.

Des projets pour la suite à nous faire partager ?

Gib : L’EP de La Fine Equipe qui sort donc en Septembre ou Octobre.

Chomsky : Et surtout l’actualité de notre Label Nowadays Records sur lequel on travaille. Y’a Douchka un EP qui arrive le 29 Juin, Pictional Jokeful et à la rentrée un EP de Powell, Hugo Lascoux, Yann Kesz. Et d’autres qui sont dans les tuyaux encore qu’on ne peut pas dire.

A quoi ressemble vos journées types ?

Chomsky : On se lève, on va au boulot, on prend le métro, on se rentre et on se couche… (rires).

oOgo : Attends mais non c’est pas vrai. Notre journée type c’est qu’on se lève, on branche nos ordis sur Facebook après on regarde tous les mails, on voit qu’on a 200 mails à lire, on travaille dessus, on répond aux mails et ensuite on voit le son qu’on a à produire, on fait de la musique, après on se couche très tard, on sort, on va voir des amis on boit, on fait un concert et on rentre ; et le lendemain on redémarre.

C’est votre première fois au Jardin du Michel, ça fait quoi de venir ici ?

Chomsky : Première au Jardin du Michel pour nous, et on a hâte de rencontrer Michel, la grande figure du lieu ; on a hâte de goûter ses petites liqueurs. C’est que du bonheur !

On arrive à la fin de l’interview, quel est votre pire et meilleur souvenir de scène ?

oOgo : C’était en Suisse, on m’a volé mon ordinateur juste avant le show. Je dis on me l’a volé, mais il était dans le train, et on n’a plus retrouvé le sac, tu vois le truc. Le sac avait disparu. A la fin ça reste des bons souvenirs, mais on s’est retrouvés sur scène, et du coup on a dû improviser un show une heure ou deux avant de monter sur scène et heureusement qu’il y avait le rappeur GreenT, avec nous donc ça a rendu le truc plus vivant et on a réussi à faire un truc assez cool au final, donc c’était bien mais c’était un souvenir un peu chelou car c’est moi qui envoie à 80% des sons, des bases en tout cas, toutes les rythmiques et tout. Il nous manquait une grosse partie de notre live et du coup c’était chaud. C’était en Suisse il y a un mois ou deux.

Chomsky : Sinon y’a pas encore de gros souvenirs dégueux pour l’instant et tout se passe très bien, on profite et le public est super cool à chaque fois. Sauf à Saint Etienne.

Le détail qui tue tout ?

Gib : Le détail qui tue tout c’est le rythme. Si t’as un bon rythme, la façon dont tu marches, la façon de te présenter. C’est le rythme.

Chomsky : Je dirais pareil, le rythme, c’est une excellente réponse.

oOgo : La façon de bouger je dirais, ou la grossièreté des gens.

Chomsky : Le karma aussi.

Pour terminer en beauté, un p’tit mot pour la fin ?

Gib, Chomsky, oOgo : DIDIER !

Je vous remercie et courage pour ce soir !

Oogo : Merci, c’était vraiment cool de discuter avec vous, même si c’est trop rapide, dommage, et Didier on pense à toi.


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