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REPORT – Jardin du Michel : Jour #3

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REPORT – Jardin du Michel : Jour #3

Clap de fin sur le JDM. Au menu, du Dimanche 7 juin, on avait encore du beau monde pour clôturer cette onzième édition du festival musical de Bulligny. Une manifestation qui a remporté – une fois de plus – un franc succès, avec pas moins de 19.000 participants sur les trois jours que compte l’événement. Les organisateurs, visiblement ravis, ont souligné l’ambiance chaleureuse qui caractérise le festival. Pour Dominique Sibilia, l’atmosphère qui règne sur le JDM repose sur trois facteurs :

« Un public super sympa, des techniciens qui œuvrent dans l’ombre, et la présence de 480 bénévoles. »

L’organisation de la manifestation travaille en effet beaucoup avec le tissu associatif local. À nouvelle édition, nouveaux défis : l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap a notamment été renforcée, dans l’objectif que le festival convienne au plus grand nombre. En 2015, la programmation s’est également vu donner une teinte plus « pop » et « mainstream » qu’en 2014 selon Jérôme Daab, le programmateur. Il souligne la volonté de « conserver une identité éclectique, même si un peu moins rock et un peu plus grand public cette année. Les artistes présents sur la scène alternative étaient remarquables. »

L’envie de proposer des projets exclusifs comme ceux de Joey Starr et de la Famille Chedid a aussi été un moteur de l’événement. Mais la grande nouveauté de l’année, vous ne l’aurez pas manquée : c’était la Master Mich ! Exit les jetons du Michel au fond des poches, place à un nouveau système de banque. Cette année, pour pouvoir se rendre à la buvette, il fallait au préalable retirer une carte sur laquelle une somme libre d’argent était déposée. Restait à présenter sa carte à chaque stand afin de régler ses consommations. Si Thierry Berneau, président, faisait déjà l’état de « bons retours » sur le dispositif, il notait toutefois que des pistes étaient évoquées pour faire évoluer le concept : « Cette carte, c’est l’avenir de ce qui va se passer en festival. On voulait être dans les premiers à en faire l’expérimentation. »

Cette année encore, le JDM a fait la part belle aux produits du terroir, comme en témoigne la présence des Gueules d’Aminche, originaires de Metz. Tout de suite, leur nom interpelle. Vince, chanteur et guitariste du groupe, nous explique que « aminche est un mot du Nord-pas-de-Calais qui signifie ‘ami’. Il a ensuite été adopté par les titis parisiens durant l’entre-deux-guerres dans la chansonnerie de l’époque. Mais ‘Gueule d’Aminche’, c’est aussi le titre d’une chanson de Renaud. En tant que groupe de chanson française, la référence nous plaisait. » Mais le style musical des Gueules d’Aminche, c’est aussi du swing, de la guinguette, et un soupçon de valse. Parmi leurs influences, Vince cite spontanément « l’héritage musical des parents : Georges Brassens, Claude Nougaro, ou encore Mano Solo… ».

On note par ailleurs que le grain de voix du jeune homme comporte une belle similarité avec celui du regretté Mano Solo. Les messins, dont un album devrait paraître d’ici la fin de l’année de 2015, rencontraient un défi en jouant au JDM : « On a ouvert le festival ce dimanche, c’était spécial. Mais très vite, on a vu que le public était présent, attentif et motivé. Puis tout était super au niveau de l’accueil. Si le JDM nous demande de revenir une année, on signe sans problème ! ».

Autre groupe local : Arita. Et qu’on ne s’y trompe pas : si le nom sied à merveille à Alexandra, la chanteuse du groupe, c’est bien du nom de toute la formation dont il s’agit ! Ces artistes issus des quatre coins de la France se sont rencontrés à la Music Academy International (MAI) de Nancy. Sur la scène alternative du JDM : un hommage à Lhasa, chanteuse américano-mexicaine décédée en 2010. Un projet qui tenait à cœur de tous les membres du groupe depuis longtemps. Le tout sous les yeux d’un public envoûté par la voix grave et profonde d’Alexandra. Arita nous explique d’ailleurs que cet hommage à Lhasa a très bien été accueilli par la famille de cette dernière, qui a téléphoné au groupe pour les remercier !

Une particularité pour cette formation née en 2010 : « On a joué au chapiteau du NJP à l’automne 2014, et aujourd’hui nous sommes au JDM. Ça nous donne une fabuleuse énergie dans le sens où le NJP clôt la saison des festivals, et le JDM l’ouvre. » Entre temps, le groupe a joué à L’Autre Canal : un concert dont un album live a été extrait. Pour la suite, Arita nous réserve un disque avec leurs propres compositions pour 2016 !

Juste après le passage d’Arita sur la scène alternative, c’est au tour de Massilia Sound System d’entrer sur la grande scène cette fois. Le groupe marseillais – qui « dure depuis 31 ans » comme l’expliquent ses membres – a ensoleillé le JDM avec son reggae déclamé en occitan. Ceux qui se définissent comme une « bande d’huluberlus » nous expliquent :

« La culture et la langue française sont très normalisées. On trouve ça parfois peu adapté à l’expression populaire. L’occitan, c’est une langue sauvage, qui répond mieux à nos modèles jamaïcains qui chantaient en créole. Tout ça donne quelque chose de très profond chez nous, ça nous relie aux générations d’avant. On a pris des choses, et laissé d’autres de côté. L’occitan, c’est aussi une gymnastique du cerveau qui nous permet de jongler avec le français. Ça nous permet d’appréhender un monde complexe, de ne pas verser dans les évidences. Puis Marseille, c’est un monde cosmopolite, avec son port qui est un lieu de transit, de rencontres, de cultures. L’occitan exprime tout ça. »

Une légende urbaine circulait sur Massilia Sound System qui avait déjà joué au JDM en 2009 : l’histoire d’une distribution de pastis aux premiers rangs du public. Force est de constater que le mythe est devenu encore une fois réalité cette année ! Les marseillais ont ainsi pris plaisir à offrir quelques rafraîchissements anisés à un public en liesse, ravi par l’initiative. On note par ailleurs que les jamaïcains d’Israël Vibration sont passés sur la grande scène du JDM sous un soleil de plomb.

Laetitia Sheriff a quant à elle fait souffler un vent indie rock sur la scène alternative. Les français Lilly Wood & The Prick ont ensuite succédé à Massilia Sound System, entonnant leurs plus grands tubes comme « Down the drain » devant la foule dense. En début de soirée, c’est No One Is Innocent – groupe incontournable dans le paysage rock alternatif français – qui a repris les rênes de la scène alternative… Électrisant un public survolté !

Le groupe parisien qui a récemment assuré la première partie d’AC/DC au Stade de France était au meilleur de sa forme à la veille de la sortie de son septième album, Propaganda. Kémar, le chanteur, nous a confié avant son passage sur scène que le groupe jouerait ses nouveaux morceaux sur la scène du JDM. Un choix assumé par No One Is Innocent, qui cultive le goût du risque. Kémar qualifie les nouveaux titres de « frais » :

« On a joué à Toulouse hier, et ces nouveaux morceaux nous surélèvent, ils t’emmènent ailleurs. Il faut qu’il y ait une transe. Mes mentors scéniques, ce sont des gens comme James Brown. La setlist d’un concert doit être quelque chose qui t’emporte vers autre chose. On sait qu’après tel titre, on va mettre celui-ci. Ceci dit, on n’est pas figés dans nos setlists : si un soir on ne sent pas un morceau, on n’hésitera pas à le retirer. » Le moins qu’on puisse dire, c’est que la mayonnaise a pris entre le public du JDM et les No One. Preuve en est le dernier titre joué… Sur lequel Kémar a invité le public à le rejoindre sur scène ! Un joyeux bordel, sous les yeux des agents de sécurité visiblement débordés par une telle énergie rock’n’roll !

Le JDM 2015 s’est achevé sur une belle histoire de famille : celle des Chedid. Louis – le père – entouré de Matthieu, Anna et Joseph – ses enfants – a envoûté des festivaliers visiblement sous le charme de cette famille formidable. Le projet musical présenté par ces artistes consistait à piocher dans le répertoire des quatre interprètes, pour le plus grand plaisir du public. Les instruments et mélodies étaient ainsi alternés avec une aisance déconcertante pendant plus d’une heure, sous un tonnerre d’applaudissements.

Quelques morceaux phares de -M- comme « Machistador », « Je dis aime » ou « Mamma Sam » ont largement été repris en chœur par la foule. Une prestation scénique qui s’est achevée par un grandiose Louis Chedid demandant le silence dans le public, afin que lui et ses enfants applaudissent les organisateurs et festivaliers. Si le JDM a été séduit par cette famille talentueuse, on peut aisément deviner que la réciproque est vraie. De jolies notes de fin en attendant l’édition 2016 !

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