Cinéma Geek

CINÉMA – Pixels, 1h46 entre hype et ennui

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Bon, niveau intro d’article, on a fait largement mieux mais je ne savais pas trop par où commencer. Depuis que je suis rentré du cinéma, j’ai une vieille crampe au cerveau et la TV crache un concert miteux d’un artiste français. Je pensais me retrouver dans le calme et me poser sur ce film pour pouvoir écrire cet article. Retour donc sur une véritable séance de WTF placée sous la bannière étoilée de nos cousins américains bien que le film ait été tourné au Canada. AMERICA FUCK YEAH !!

Avant d’aller plus loin, cher lecteur, je tenais à m’excuser pour cet article.
Ce ne sera pas forcément le plus simple à lire. À moins que…

Vous l’avez déjà compris, on va parler du dernier film de Chris Colombus du nom de Pixels. Et, histoire d’aller plus loin, on va faire un instant “C’est pas sorcier” histoire de savoir ce qu’est un pixel.

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Pixel vient du latin — presque… — “picture element” qui définit un élément d’image. En gros, c’est un petit point lumineux qui change de couleur ou de place pour afficher une image sur nos écrans. Du coup, si vous regardez WLN avec une loupe, vous pouvez voir tous les pixels qui font vivre notre site. Pour faire l’analogie avec l’art, le pixel c’est le coup de pinceau de l’impressionniste. De près, c’est des tâches de peinture et, de loin, c’est une image. Bref, tout se fait dans le détail !

Mais rassurez-vous, Pixels n’est pas un documentaire sur l’art de placer les points où il faut. C’est plus un film à gros budget que l’on peut facilement mettre dans la case “Blockbuster à gros budget” auquel on a le droit chaque année. Entre Ant-Man et Les Minions, j’imagine que le gros Pacman de l’affiche pourra facilement trouver sa place chez les amateurs.

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! ATTENTION SPOILERS !

Et voilà, on est pile dans le sujet. Les jeux-vidéos et, plus précisément, les ancêtres des jeux qui sortent aujourd’hui. Après avoir bossé sur les deux premiers films Harry Potter, Chris Columbus a enfin voulu redonner une nouvelle jeunesse à l’univers des gamers des années 80. Tetris, Asteroid, Frogger, Pacman et Donkey Kong font partie des jeux retenus au casting. D’ailleurs, en dehors d’un Peter Dinklage que j’ai apprécié retrouver loin de l’univers de Game Of Thrones, les acteurs humains n’ont pas vraiment retenu mon intérêt.

À dire vrai, le film en lui même n’a pas vraiment retenu mon intérêt. Rien que le pitch est douteux. Pour faire simple, des scientifiques de la NASA ont filmé un tournoi de jeux sur bornes d’arcade pour l’envoyer dans l’espace en compagnie d’images de l’époque. Un concept qui rappelle les sondes Voyager lancées — dans le monde réel de vie de tous les jours — dans les années 70. On peut commencer à s’interroger sur l’intérêt de telles images sur des capsules temporelles quand on sait que les jeux n’étaient pas aussi présents qu’aujourd’hui. Est ce qu’en 2016, on va envoyer une vidéo d’un mec qui démonte tout sur Candy Crush ?

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? C’est la question que soulève la suite du scénario. En effet, la fameuse sonde envoyée dans l’espace arrive sur la planète des méchants qui prennent ça pour une déclaration de guerre. On se prend une ellipse de 30 ans dans la tronche histoire de retrouver tout ce petit monde dans une amérique américaine. Et, élément perturbateur de la vie des héros, les personnages et autres décors des vieux jeux débarquent sur Terre dans le but de faire une partie géante pour jouer la survie de notre planète. S’en suivent alors des scènes d’actions reprenant les caractéristiques des jeux et des coupures plus étranges les unes que les autres. C’est d’ailleurs l’un des mauvais penchant du film. Caler des scènes inutiles aux moments les plus improbables et en oublier d’autres qui auraient pu donner des explications plus ou moins fondées sur certaines idées posées par le film. Ainsi, on aurait compris comment les terriens maîtrisent la technologie alien ou encore qui a eu l’idée de donner aux héros — les Arcaders — des costumes tout droit sortis du placard de Schumacher. Il ne vous faudra pas longtemps pour se perdre dans le rythme du film. Au secours !

S’il ne fallait retenir que trois trucs qui résument la prise de drogue de l’équipe film : la course poursuite en voitures dans New York pour reprendre les parties de Pacman qui a du être sponsorisée par une marque de bagnoles, la soirée costumée en plein milieu du film et ce gag foireux de Qbert qui se pi(xel)sse dessus…

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En dehors de l’enjeu mondiale de la guerre lancée par Donkey Kong et ses amis, l’intrigue se tourne également autour de Sam Brenner et de sa vie qu’il dit avoir foiré :

J’ai eu ma chance, j’ai laissé passer le coche.

Et ouai mon gars ! T’as raté une compétition de jeu-vidéo contre un nain qui porte un mulet. T’es vraiment qu’une merde ! Je t’offre une corde si tu veux. On aura bien évidemment droit à une histoire d’amour qui se fait attendre dès les 20 premières minutes du film. Pour ce qui est des autres personnages. Le film nous sert les éternels clichés du genre avec son lot de platitude totale. Peter Dinklage sort un peu du lot, mais uniquement parce que c’est Tyrion. Il faut quand même dire que l’un des personnages qu’on voit au tout début du film est devenu — le temps de l’ellipse — président des USA. Rien que ça ! Un statut qui va très largement aider la suite du film.

Histoire de se sauver du naufrage, on peut toujours se dire que le film se donne, ou plutôt tente, de se donner une morale cachée sous une vague aux couleurs qui pètent et les délires incompréhensibles de l’équipe de réalisation. Ainsi, on pourra dénicher une quête de rédemption de la part de cet anti-héros qui n’en est pas un et de ses acolytes qui n’en sont pas.
C’est d’ailleurs un thème que certains pourront aller chercher au long du film ; l’histoire donnant en effet une seconde chance aux différents personnages. Pour le coup, l’un des titres choisis pour la BO (qui quant à elle vaut le détour pour son aspect oldschool) a un morceau qui en parle très, mais alors très, peu : Loverboy – Working For The Weekend avec cette phrase : “Everybody needs a second chance, oh”.

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Au delà de la distribution clichée et du scénario trouvé dans une pochette surprise, le film est surtout prétexte à rendre hommage au jeu-vidéo et aux jeux qui appartiennent aujourd’hui à la culture populaire. Qui ne connaît pas Donkey Kong, Tetris ou encore Space Invaders ? On a aussi le droit à des références plus discrètes comme Independance Day et le créateur de Pacman himself. Bien que Tōru Iwatani ne soit pas présent à l’image, le papa de Pacman est quand même campé par un acteur qui a déjà prêté sa voix à l’univers du jeu vidéo : Denis Akiyama.

C’est d’ailleurs, je pense, l’unique chose que l’on peut retenir de ce long métrage. Un hommage à la grande époque du jeu-vidéo des années 80 où l’on jouait entre amis à la salle d’arcade et, peut être, plus encore aux premières compétitions sur bornes. Le film commence d’ailleurs par revenir sur cette époque et garde cet aspect jusqu’au générique de fin. Chose moins sûre, en est-il conscient ? Au fur et à mesure, on est plus happé par les effets spéciaux qui pleuvent de partout que par cette recherche.

Néanmoins, j’avais envie d’aller plus loin à ce sujet. Si l’on s’intéresse au personnage de Eddie Plant, incarné par Peter Dinklage, on peut voir une certaine similitude avec Billy Mitchell. Au-delà de l’aspect capillo-barbaire, les deux bonhommes ont une approche de la compétition voire de la vie assez identique. De là à dire qu’il s’agit d’une véritable volonté, rien n’est moins sûr. On parle quand même d’un divertissement. C’est d’autant plus dur à imaginer comme ça quand on connaît un peu le caractère de monsieur Mitchell (il correspond en tout point à la définition de connard). En dehors de ça, le score obtenu par le héros du film sur Pacman est le même que l’homme à la cravate 100% USA.

Au final, Pixels est une machine de guerre estivale. Taillée pour faire de l’entrée sans forcément tenir compte du spectateur. Les rouages des blockbusters sont biens là avec les gros effets spéciaux et les gags et vannes pourries qu’on va certainement entendre dans la bouche de cet ami qui ose les faire. C’est pas du grand art, juste du cinéma divertissant pour peu que l’on se laisse embarquer dans les idées de l’équipe du film. Ça dure 1h et 46 minutes et c’est largement assez pour passer de la hype à l’ennui. Pour ceux qui seraient fatigués et lâcheraient en cours de route, pas de panique, le générique de fin retrace tout le scénario en quelques minutes. Je crois même que c’est amplement suffisant vu la qualité du truc. Preuve que le film est trop long… En parlant de longueur, il faut savoir que Pixels est l’adaptation de Pixels : un court métrage de 2 minutes réalisé en 2010 par Patrick Jean. Une petite pépite du net qui avait connu un violent succès dès sa mise en ligne avec 1 million de vues en moins de 24h. Des années plus tard, Adam Sandler a voulu en faire un long métrage. Une question demeure encore : POURQUOI ?

C’est tout pour moi. Si vous avez deux heures à mettre dans un film, je vous recommanderai plutôt de regarder King of Kong. Un documentaire qui s’intéresse au jeu-vidéo de cette époque au travers de la quête au high score au travers des histoires hallucinantes des geeks de l’époque. Je n’ai pas parlé du fait que vous pouvez imiter le bruit de Pacman en mettant votre main sur votre oreille et en appuyant dessus plus ou moins rapidement. Maintenant, c’est fait. Bisous.

Article rédigé par Wikipieral

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