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CINÉMA – Seul sur Mars, guide de survie en planète inconnue

THE MARTIAN

Seul sur Mars est l’un des films les plus attendus de cette fin d’année, un nouveau blockbuster américain qui marque le retour de Ridley Scott à la réalisation. Le film a pour sujet principal l’espace et, plus précisément, la survie loin de notre planète. Certains y verront une redite après les récents succès de Gravity ou encore d’Interstellar, mais le film se concentre plus particulièrement sur l’histoire fictionnelle d’un astronaute de la NASA qui se retrouve seul sur cette planète encore inconnue. Le héros, incarné par Matt Damon, va devoir faire face à de multiples problèmes pour survivre et rentrer sur cette bonne vieille planète bleue.

Commençons par les points forts de Seul sur Mars, car il y en a de multiples. Le scénario traite admirablement la question de l’instinct de survie chez l’Homme. Matt Damon, livré à lui-même sur un territoire inconnu met toute son énergie à tenter de survivre et revenir parmi les siens.
Il représente la figure du héros américain, la figure d’une population toute entière qui remue ciel et Mars pour survivre à sa fin annoncée. Cet aspect permet au film de conserver le point de vue qui prend aux tripes et absorbe le spectateur dans la vie quotidienne du protagoniste. On se surprend vite à s’inquiéter pour la survie du héros – d’une manière différente des précédents héros de Ridley – au travers de ses périples comme si c’était notre propre mort que nous combattions. Ajoutons à ces points forts un humour très bien emmené sur les 2 heures 20 de film, que l’on ne voit d’ailleurs pas passer. Enfin, mention spéciale aux quelques instants de musique disco répartis ça et là dans le film, qui dénotent face à l’infortune de Matt Damon pour créer des scènes souriantes et rafraîchissantes.

Cependant, les qualités du film en font aussi ses principaux défauts. La figure du héros incarnée peut sembler trop poussée. Matt Damon fait tout étape par étape et ne rate que très rarement ce qu’il fait. Au final, il reste pendant plusieurs années seul sur une planète inconnue et paraît être comme un poisson dans l’eau. Ce héros trop héroïque ne semble pas avoir de talon d’Achille ou, tout du moins, le film ne les laisse jamais transparaitre à l’écran. Ainsi, l’aspect psychologique de la solitude, le désespoir voire la dépression ne sont pas traités et les rares moments de difficulté du héros sont plutôt consacrés à des difficultés physiques. Le film se clôture sur une fin très approximative, car très américaine et forcément peu crédible, qui ajoute une touche finale légèrement décevante à la débauche d’optimisme du film.

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Seul sur Mars est donc un film divertissant et spectaculaire que la rédaction vous conseille. Son côté inédit, son synopsis entraînant et son esthétisme prononcé, mais aussi le fait que la NASA ait participé à la réalisation du film pour lui donner ce côté scientifiquement réaliste font de ce film une belle réussite pour les amateurs de science fiction ou de grand spectacle. Cependant, si vous cherchez un film qui traite brillamment des aspects de l’homme livré à lui-même, face à sa solitude et sa survie, passez votre chemin, car les studios américains ont malheureusement préféré (encore une fois) mettre tout dans les muscles et rien dans la tête. Enfin, si jamais vous préférez suivre l’aventure de Mark Watney dans sa version original, un tour en librairie suffira.

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Attention, cet article contient des spoilers.