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CINÉMA – Mon Roi : le film qui déchaine les passions

Après Polisse et Le Bal des Actrices, la réalisatrice française Maïwenn sort son troisième long-métrage : Mon Roi. Tantôt critiqué, tantôt adulé, son cinéma ne laisse pas indifférent. Qu’en est-il du dernier film de la cinéaste controversée ?

SPOILER

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C’est une histoire si simple et si complexe à la fois. Mon Roi nous laisse pantois. Tony (Emmanuelle Bercot) est dans un centre de rééducation. Elle est tombée. Elle s’est cassée le genou. Elle a surement été trop vite en descendant la piste de ski. Entre antidouleurs et rééducation, Tony se plonge dans ses souvenirs, ses doutes. Elle se remémore son amour destructeur avec l’irrésistible Georgio (Vincent Cassel). Elle tire le bilan de cette histoire qui lui a tant apporté et qui l’a détruite plus qu’elle ne l’aurait imaginé. C’est le récit de la reconstruction corporelle et psychologique d’une femme qui a trop donné à un homme.

Avec Georgio, tout est beau. Il est drôle, doux, surprenant. À leur rencontre, Tony est sous le charme. Dévorée par la passion, leur histoire commence vite. Trop vite. Georgio est imprévisible. Dans le bon comme dans le mauvais sens du terme. S’il dit « je t’aime » dès le premier soir, s’il la fait rire aux éclats et la transporte dans un bonheur que seuls les amoureux connaissent, il révèle une emprise malsaine sur Tony. Très vite, il fuit leur relation et fait passer ses plaisirs personnels avant la santé mentale de sa Reine. Il la rend dingue, enceinte, sous calmants. Mais Tony veut y croire. Elle s’obstine et se bat pour faire fonctionner un couple que lui délaisse. Absent, distant, presque violent, il la manipule et l’entraine dans un ascenseur émotionnel insupportable.

Particulièrement brillant dans le rôle de Georgio, Vincent Cassel a parfaitement saisi les ambiguïtés de son personnage de pervers narcissique : fin manipulateur, égoïste insatiable et soudain mari attentionné, amoureux, adorable – et surtout, surtout, grand séducteur. Il l’humilie, la gâte, la fuit, la (re)demande en mariage, la menace, la charme, l’effraie, pleure, disparaît en Australie et ainsi de suite. Mon Roi est un film à l’intensité folle, rythmé par les humeurs et les contradictions de Georgio.

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Et ce n’est pas pour rien qu’Emmanuelle Bercot a remporté le Prix d’Interprétation féminine au Festival de Cannes pour le rôle de Tony : amoureuse éperdue et troublante, sa prestation est admirable. Elle jongle avec un naturel incroyable entre les scènes de craquage psychologique et les moments plus légers. Emmanuelle Bercot a su trouver le juste milieu entre une femme aimante, brisée et humiliée et une femme qui sait se relever dignement et résister tant qu’elle peut à la pression psychologique qu’exerce Georgio sur elle. Une femme normale, sous l’emprise du « roi des connards », qui ne tombe pourtant pas dans la caricature d’une femme soumise. Entre rire, amour fou, hystérie, colère, larmes, douleur, Maïwenn réussit brillamment le challenge de ce film en choisissant Bercot comme actrice principale : faire ressentir toute la détresse, l’obstination et la douleur d’une femme amoureuse.

Bien que le film soit essentiellement centré sur ce couple fusionnel qui se déchire, on a tout de même un aperçu de leur entourage : la famille de Tony, le cercle d’amis superficiels de Georgio, son ex suicidaire… Et pour les rôles secondaires, Maïwenn a su choisir les bons acteurs aussi. On retient notamment Isild Le Besco, et surtout Louis Garrel qui ajoute une touche d’humour et de légèreté supplémentaire au drame.

En attendant vos avis sur Mon Roi, on vous laisse écouter Easy de Son Lux, BO du film. Enjoy !

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