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INTERVIEW #35 – Rencontre avec Zadig, fondateur du label Construct Re-Form !

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Rencontre avec Zadig du label Construct Re-Form !

C’est dans le cadre de sa venue à L’Ostra Club à Nancy, le 31 Octobre dernier, que nous avons rencontré Zadig, fondateur du label Construct Re-Form, pour parler musique…

Tout d’abord, peux-tu nous expliquer comment t’es venue l’idée de créer Construct Re-form ?

L’idée m’est venue il y a 5 ans. N’étant pas sur de moi, j’ai eu du mal à me lancer. J’ai voulu créer un label pour sortir ma propre musique, cela ne s’est pas du tout passé comme ça, du fait de mes rencontres avec Antigone. Il m’a fait écouter sa musique et je me suis dit : “Il faut que je signe un artiste !”. Par la suite, j’ai signé Voiski. À la base, je voulais créer un label-concept, et finalement, par la force des choses, signer d’autres artistes.

Dans ton label, quel est l’élément qui fait qu’on vous différencie des autres grosses écuries ?

Déjà je ne considère pas mon label comme une grosse écurie, même si à l’heure d’aujourd’hui on a quand même une certaine notoriété. Cela reste une gestion totalement non-professionnelle et plutôt familiale. Mon label reste informel, il y a pas de contrat avec les artistes, tout se fait oralement à la confiance et à l’honnêteté, ainsi qu’au feeling. Je ne signe que les gens avec qui je m’entends humainement parlant. Après, je ne sais pas vraiment comment fonctionnent les autres labels… évidement, des labels comme Ostgut Ton ou Trésor c’est des labels plus structurés, il y a tout un marketing derrière, mais je ne suis pas encore dans cette démarche. Peut-être plus tard… Je crois que chaque label à sa façon de travailler, mais à la base, cela débute toujours par une passion.

On retrouve sur ton label des artistes comme Birth of Frequency, Antigone et Voiski. Comment tu les a convaincu de rejoindre l’aventure ?

Antigone c’est particulier. Il m’avait fait écouter des morceaux en me disant : “Je les aies déjà envoyés à Deeply Rooted House.” le label de Dj Deep. C’est un label en place, un label prestigieux. Signer pour Dj Deep ça veux dire quelque-chose pour beaucoup de deejays francais, parce que c’est quelqu’un de très pointilleux. Au départ, Antigone voulait signer chez lui. Je l’ai relancé plusieurs fois de mon côté car il n’avait pas de nouvelles du label, et finalement il m’a fait confiance.

Voiski ça n’a pas était difficile. Je lui ai dit simplement que j’aimais sa musique et que j’avais envie de te signer. Il m’a envoyé des morceaux, je les ai choisis et voilà.

Birth of Frequency, c’est mon cousin. Donc à ce niveau j’ai pas eu besoin de le convaincre. Pour lui c’était aussi une opportunité. Après les sorties d’Antigone et celle du disque de Voiski, qui a très bien marché, on a fait pas mal de bruit. C’était le tremplin idéal pour Birth of Frequency.

Résidence

La résidence à la Machine du Moulin Rouge à Paris, peux-tu nous en dire un mot ?

C’est une résidence qui a démarré avec Oscar Mulero. On voulait faire des back to back à la base et c’est ce qu’on a fait avec Oscar. Comme on s’entend bien et qu’on se connait, ça fonctionne. Même si je sais que certains artistes ne voudront pas forcément le faire, ce que je peux comprendre, d’autres voudrons le faire partiellement. Peut-être 2 heures de back to back pour ensuite jouer tout seul, et ainsi de suite, on verra bien… Je ne sais pas trop comment ça va se passer pour le moment. On fait la deuxième bientôt, en décembre, avec Marco Shuttle. J’attends beaucoup de cette soirée parce que j’aime ce qu’il fait.

J’aime l’ambiance, j’invite que des artistes que j’apprécie. On installe le matériel en bas de la scène, il y a du monde tout autour, c’est convivial et chaleureux. La Machine c’est une salle vraiment difficile à travailler, quand tu es sur scène tu es très loin des gens donc tu as une acoustique assez étrange. De cette manière, tu as parfois peu de sensations quand tu joues, et ce n’est pas toujours agréable. On est vraiment mieux en bas, on favorise le beaucoup plus le contact avec le public et le fait d’être ainsi entourés par le son.

Si tu avais une anecdote en particulier à nous raconter, en rapport avec ton label ainsi que ses membres, ce serait laquelle ?

Attends je réfléchis… un jour on s’est retrouvés dans une soirée pour une « Label Night » et pour arranger le promoteur, vu qu’on était nombreux, on a pas pris des chambres d’hôtels, comme d’habitude, mais deux appartements. Sauf qu’en fin de soirée, le gars a voulu faire une after et il a monopolisé un des deux appartements. Du coup on s’est retrouvés à six dans un appartement, avec un canapé-lit et un lit, une couverture, et on a dormi comme on pouvait, c’était surréaliste ! Pour découvrir au final que le lendemain il n’avait même pas fait d’after… Je pense qu’on s’en souviendra longtemps.

Comment arrives-tu à gérer ta vie privée / vie de famille et ton métier ?

C’est un peu spécial parce que je ne suis pas présent le week-end, ma compagne est souvent seule avec ma fille. J’essaye d’éviter de partir trop longtemps, je le fais une fois ou deux dans l’année pour partir une semaine entière, voire deux semaines, pour l’Asie. Je le fait vraiment avec parcimonie, pas comme Antigone qui vient de faire un mois de tournée en Asie. Je refuserais ça pour ma part, je ne veux pas sacrifier ma vie de famille.

Le plus difficile pour moi c’est de gérer le studio parce ma vie de famille prend souvent le dessus quand j’y suis, du coup quand je compose je ne me sens pas totalement libre, et c’est en partie pour cela que je ne produis pas énormément de musique…

Évolution

Comment vois-tu ce renouveau de la techno en France et en Europe ?

Très positivement. Je trouve ça génial qu’aujourd’hui tu puisses jouer partout dans le monde sans faire de concessions. Tu n’as pas forcément besoin d’ajuster finalement le type de musique que tu vas jouer, le public est hyper demandeur et s’adapte vite. Je trouve ça génial ! Il y a quelques années, tu ne pouvais pas passer un disque de techno dans une soirée, c’était plus compliqué, le promoteur te faisait directement la remarque. J’ai vécu cette période comme une frustration, le fait de ne pas pouvoir jouer mes disques, et le jour où je me suis aperçu que je pouvais les ressortir, c’était génial.

Après je pense que c’est toujours dangereux, vu que le style est très exposé en ce moment. Il y a beaucoup trop de soirées maintenant, les gens consomment plus qu’ils ne viennent vraiment écouter au final. Je pense qu’inévitablement les gens vont s’en lasser… À Paris ça se passe bien, je trouve qu’entre Concrete, Le Rex, La Machine ça ne s’est pas trop tiré la bourre, ça se fait plutôt dans le respect. Mais ça va être un problème tout de même pour la techno dans peu de temps. Je ne pense pas que ce soit très sain d’avoir 5 soirées du même style, le même soir, dans une même ville. Ça devient absurde et je trouverais ça même ennuyeux d’avoir des line-up par exemple de minuit jusqu’à midi, dans lesquels tu auras que de la techno en continu.

J’ai connu, dans mes premières soirées, des évènements dans lesquels dans la même nuit, et dans la même salle, tu pouvais écouter de la house, de la trance et du hardcore. Tout était mélangé et ça se passait très bien. Je trouve ça plus agréable quand ça varie, chaque set en devient plus marquant. À l’heure d’aujourd’hui, tu vas aller voir six mecs jouer et globalement ils vont jouer la même musique, ça peux vite redevenir redondant…

Quand je vais au Weather, par exemple, je vais rarement dans la salle techno. L’année dernière je suis juste aller voir Marcellus jouer. Le reste du temps je l’ai passé à la scène à écouter de la house. Après, tout est une question de dosage. Il y a des artistes super intéressants qui font vraiment la différence, comme Donato Dozzy en live. Sinon parfois c’est très monotone et tu as du mal à te faire une idée de chaque artiste car ça ne sort pas du lot.

C’est peut être une erreur de programmation au final, moi j’aimerais bien être mélangé avec des artistes house et ça me permettrait de jouer autre chose. Ça m’arrive de jouer dans des soirées où il y a deux salles, il y a des moments je préférerai jouer dans la salle d’à coté. Même si j’adore la techno, il y a plusieurs autres styles à jouer.

La suite

Pourquoi avoir choisi L’Ostra pour fêter ces 5 ans ?

On a déjà fait plusieurs soirées et L’Ostra c’est un club où on a lié une connivence forte. Je me suis d’emblée bien entendu avec Manu et Charlène. Je les trouve adorables, très impliqués dans ce lieu, tu sens que c’est du « fait-main » ; et ils y croit jusqu’au bout. Ça s’est fait naturellement au final, parce que c’est un lieu où l’on se sent bien. On a une très grande émotion quand on joue ici. Quand tout marche bien, tu te donnes à fond.

Un de tes derniers E.P. remonte à presque un an. Tu peux nous en dire plus sur tes futurs projets ?

J’ai déménagé mon studio à Rouen. C’était compliqué, je n’avais pas de studio pendant un bon moment parce que j’ai fait quelques live. J’ai commencé à bosser concrètement pour un maxi sur Deeply Rooted. Dj Deep m’a redemandé un disque et j’étais super content. C’est pour moi mon disque préféré dans tout ce que j’ai pu faire jusqu’ici. Après, j’ai également quelques remix à faire pour des labels… Je devais en faire un pour Sementica mais j’ai un an et demi de retard.

J’en ai parlé avec le boss du label, ils fêtent les dix ans du label donc ils ont prévu de faire dix sorties, du coup on a repoussé la sortie. J’aimerais bien aussi envoyer des tracks sur des labels hollandais, comme par exemple Dekmantel. Dans ce qui est sûr, j’ai Polegroup, pour début 2017, mais je dois surtout bosser sur mes albums. Un sous le pseudonyme de Zadig et l’autre sous Kern Space Adventures. J’ai envie de faire un album avec ce projet là. Et ma prochaine sortie c’est un Kern Space Adventures qui sort prochainement sur Syncrophone…

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