Cinéma Vidéos

CINÉMA – Monsieur & Madame Adelman, une odyssée de l’amour

Monsieur & Madame Adelman, une odyssée de l’amour

Nicolas Bedos, homme de lettres et de télévision, personnage controversé, héritier d’un humour bien marqué, relève à 36 ans un pari audacieux. Ce pari c’est Monsieur & Madame Adelman, un film qu’il a lui-même réalisé, dans lequel il joue, accompagné de Doria Tillier. Ce film c’est la fresque de vie d’un couple touchant et réel. C’est ainsi que pour son premier long-métrage, Nicolas Bedos réussit à transformer un pari audacieux en pari réussi…

Un duo qui semble couler de source

Pour son premier film en tant que réalisateur, Nicolas Bedos a décidé de faire briller Doria Tillier dans son premier rôle. Ex-miss météo du Grand Journal sur Canal +, on la découvre touchante, sincère, à l’aise, et gracieuse en muse de l’écrivain torturé qu’incarne Bedos. Il est Victor de Richemont, vilain petit canard d’une famille d’aristocrate. Elle est Sarah Adelman, étudiante en littérature issue d’une famille modeste. De leur banale rencontre dans les années 70, naîtra une alchimie admirable construite autour de l’écriture, une romance faite de hauts et de bas, l’histoire de la vie d’un couple que le temps érodera.

Une narration à l’échelle d’une vie

Le temps, c’est justement une des forces de ce film. La narration est bien amenée et surtout très bien ficelée. Sur ces deux heures de film, on suit ce duo amoureux des années 70 jusque 2016, et malgré toutes ces années, on ne trouve jamais le temps long. Les années marquent les esprits et les corps, qui se transforment d’époques en époques grâce au merveilleux travail de maquillage ainsi qu’à l’attention porté aux décors. Un amour du détail qui permet alors de plonger le spectateur au coeur du sujet, de l’embarquer totalement dans cette aventure idyllique.

Un film entre fantasmes et réel

Une autre force de ce film, c’est la multiplicité des thèmes abordés. Tout semble tourner autour de l’amour, mais Nicolas Bedos nous parle ici d’autre chose. La rencontre et les premières années de vie du couple, qui font rêver, ne passent pas la frontière du cliché et du kitsch car Bedos les fait s’échouer sur les rives du temps. Très vite arrivent la sexualité, la jalousie, la réussite, la famille, la routine, la peur de perdre l’autre, puis la vieillesse. Victor doit apprendre à canaliser son égo face au quotidien, et doit durement accepter de voir parfois s’envoler l’admiration de sa compagne, qui n’est cependant jamais très loin.

Vous en dire plus vous gâcherait évidemment le plaisir de savourer cette histoire. Et même si les spectateurs les plus sceptiques vous diront que Nicolas Bedos se regarde encore une fois le nombril, à tort ou à raison, ce film transcende véritablement le simple sujet de l’égo. Il pétrit un couple qui ne voulait que l’amour, en fait un objet hybride qui paraît tout aussi solide que fragile face aux défauts du temps. Comme si leur moteur était, en fait, de se détester autant qu’ils s’aiment…

Articles similaires

PORTRAIT – Rémi Verdel : réalisateur, monteur, producteur… Rémi Verdel est un artiste nancéien un peu touche-à-tout qui nous a charmé par son travail acharné, son style particulier et sa bienveillance certaine
CINEMA – Moonlight : le film bouleversant du réalisateur Barry Jenkins, nommé pas moins de 8 fois aux Oscars Réalisé par Barry Jenkins, il a déjà remporté le Golden Globe du "Meilleur film dramatique" et se retrouve nommé 8 fois aux Oscars, ce n'est pas un hasard
High Five #7 : Nouvelle année, nouveau cru… Septième édition du High Five, ta dose de bons clips
High Five #6 : Avant d’entamer l’hiver… Sixième édition du High Five, ta dose de bons clips
CINÉMA – Les sorties tant attendues du mois L'hiver approche, c'est le moment de se faufiler en salles obscures et de se mater un bon film. Ce mois-ci de bonnes surprises sont à l'affiche
Lire les articles précédents :
PORTRAIT – Madmoizel Rose : illustratrice et tatoueuse féérique

Madmoizel Rose revisite sur le papier le monde des contes de fées avec une touche sombre, à la frontière du rêve et du cauchemar