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INTERVIEW #36 – Roméo Elvis au Chill Up Festival

Roméo Elvis au Chill Up Festival

À l’occasion de la 5ème et dernière édition du Chill Up Festival, nous avons rencontré le belge Roméo Elvis après son concert assez fou à Nancy. Rencontre avec un jeune artiste super sympathique, en phase avec son époque et conscient du milieu dans lequel il évolue. On a parlé de Morale 2, de famille, de sentiments, de transports en communs, et même d’attentats… une rencontre riche et intéressante !

« Morale 2 » est sorti le 17 Mars et tu tournes depuis sa sortie, comment ton public a perçu ce projet ? Quels sont leurs réactions ?

Le public a visiblement bien écouté le projet ce qui est cool, c’est chouette. Les gens chantent quasiment par coeur les paroles, c’est plus convivial, ça a évolué depuis Morale 1.

Dans les morceaux « Bruxelles Arrive », « Nappeux » ou encore « Thalys » on retrouve beaucoup l’évocation des transports en commun. Est-ce un bon moyen pour toi de réfléchir sur tes textes ou tout simplement une fascination ?

C’est pas vraiment une fascination, c’est tout simplement que je n’ai pas le permis, donc pas de voiture, et je me déplace majoritairement en transports en commun ou en vélo. Du coup c’est un décor dans lequel je vis, et donc dans mes textes les transports en communs reviennent assez souvent. Peut-être d’ici quelques années, quand j’aurai une bagnole, je rapperai moins là-dessus.

Je parle aussi de l’avion dans « Sabena », c’est une compagnie aérienne belge, là c’est un hommage. Puis « Thalys » c’est la connexion Bruxelles-Paris, symboliquement je le prends pour aller voir ma meuf et pour enregistrer avec Lomepal et des nouvelles têtes avec qui j’aimerais faire de belles dates en leurs compagnie.

J’écris dans toutes circonstances, ça m’arrive d’écrire dans le train, mais c’est plus le cas du Motel. Lui, il a déjà composé des morceaux dans les transports en communs, et le son « Morale » je l’ai écris dans l’avion, on a donc gardé cette symbolique.

Les sentiments sont énormément présents dans ce projet, entre les sentiments « plan cul », « fleur bleue » et « sentiment envers ta famille ». Es-tu un sentimental au quotidien ?

Je suis assez sensible et très pudique dans ce que je raconte. Je me dévoile assez fort et du coup, le coté émotion ressort dans mes textes. Puis je suis tombé amoureux cette année, du coup ça revient assez dans mes textes.

« Agora » est un titre sur ton évolution et ta notoriété, peux-tu nous expliquer cette progression fulgurante ?

C’est un morceau que je voulais mettre au début du projet, pour parler comme tu l’as dis d’évolution, je parle d’empiéter des grands espaces et ça symbolise les salles, les festivals… C’est pas un morceau égoïste, où je me la joue, mais plutôt quelque-chose de narratif, c’est l’évolution avant tout.

Comme Ty Dolla Sign, entre autres, l’a fait sur son album, tu fais venir ta famille sur le morceau « J’ai Vu ». Cela te tenais réellement à coeur de les inviter ?

Ça faisait longtemps que j’avais envie d’inviter ma soeur pour faire un truc ensemble, j’attendais le bon moment. C’était très concret, elle commençait à faire de la musique super cool. Et en voyant ma soeur de plus en plus talentueuse et de plus en plus douée, ça s’est présenté naturellement.

C’est pas une tentative de toucher les gens en invitant ma famille, mais c’est un projet chouette à faire et c’est très naturel, palpable et sincère. Je viens d’une famille d’artistes (un père musicien et une mère comédienne).

Dans « Ma tête », le dernier titre du projet, est-ce voulu cette progression dans le débit de paroles et ce crescendo dans la mélodie ? Métaphoriquement peut-on dire que tu t’es arrêté à un couplet de la folie ?

Ouais ouais, c’est ça, tout à fait. Bien vu ! C’est une montée un peu énervante, je ne vais pas basculer dans la folie, mais comme tu dis c’est assez explicatif de la montée et de la gravité du truc. Puis sur scène, quand je commence cette musique, il y a une montée très très forte avec le public, et à la fin je me calme pour redescendre… C’est bien vu !

Est-ce que « Bébé aime la drogue » est un morceau préventif ?

Ah ouais, c’est plus comme ça qu’il faut le prendre. C’est pas du tout l’allégorie de la drogue ou de la teuf. C’est plus narratif, un couple à la Tim Burton qui prend de la drogue. En parlant de ça de cette manière, on a pas forcément envie d’en prendre. J’essaie de rendre ça glauque, malsain.

« Switchin » est le seul titre en anglais présent sur ton projet. Genius t’a posé la question pour savoir ce que tu as voulu raconter dedans, ta réponse a été : « Ahahahahah ». Qu’as- tu voulu raconter dans ce titre ?

Ah ! Je pensais juste que j’avais laisser un commentaire sur le titre et pas vraiment répondu à la question. L’idée c’était de rigoler avec un faux anglais parce qu’en fin de compte les gens qui parlent français ne comprennent pas souvent les paroles des rappeurs ricains, mais ils s’éclatent dessus. C’est juste un troll, un pied de nez aux personnes qui chantent en anglais alors qu’elles parlent français à la base, et qui prennent pourtant une attitude de rappeurs américains. En ce qui concerne le rap américain d’ailleurs, mes références US c’est Tyler The Creator et André 3000.

Motel est présent sur Morale 1 et Morale 2, comment s’est passée cette rencontre ?

On s’est rencontré une fois en soirée et on a écouté des sons. On s’est grave entendus et on a commencé à faire quelques trucs ensemble. Il est parti 1 an à l’étranger, il a fait le tour du monde, puis quand il est revenu, il était rechargé à fond. J’avais déjà sorti 2 projets entre temps de mon côté, on a enchaîné avec Morale.

Damso, Caballero, Jean Jass, Hamza… ça change du cliché de Benny B avec le rap belge. Comment vois-tu cette progression du rap dans ton pays ?

Je trouve ça très cool, on avance, on a tous des projets, on a une bonne actualité. Il y a des talents qui naissent dans tous les coins de Bruxelles. On a une bonne énergie, les gens nous écoutent, ça nous donne envie d’aller plus loin. Les français valident, grâce à des phénomènes comme Hamza ou Damso qui ont buzzé, grâce à Booba pour Damso. Ces deux-là ont vraiment ouvert une nouvelle page. Puis vous en France vous êtes 65 millions, nous en Belgique on est 10 millions, dont la moitié seulement qui parle Français. C’est plus facile de s’imposer chez vous. Faut que ça continue comme ça, sans que ce soit seulement la « HYPE » du moment.

Le titre « Nappeux » où tu es aux cotés de Grems, parle de la Belgique. Ce son est-il un message de paix et de rassemblement au vue des derniers événements à Bruxelles ?

Oui exactement, c’est plus par rapport à ça. Il y a eu une sorte d’image un peu néfaste sur Bruxelles après les attentats, qui laissait entendre que Bruxelles était foutue avec Molenbeek… Il faut savoir qu’à la base c’était la prod’ de Grems. Il a vécu à Bruxelles et c’était un moyen pour nous de faire une connexion Bruxelle-Paris par rapport aux attentats et il y a une certaine réponse à ça dans nos paroles…

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