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Interview #22 – Butter Bullets

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Interview #22 – Butter Bullets

Lors de la troisième édition du Chill Up Festival, à Nancy, nous avons réalisé une interview très sympathique avec le groupe de rap bisontin Butter Bullets. Rencontre avec des gars cools, dans une ambiance cool.


Dans un premier temps je vais vous laisser vous présenter.

Sidi Sid : Sidi Sid, Dela. On fait du rap classique, actuel.

Que signifie Butter Bullets et comment avez-vous trouvé ce nom de scène ?

Sidi Sid : Franchement je n’en ai aucune idée, je sais plus. Je n’ai aucun souvenirs là dessus et c’est pas plus mal. Ça sonne bien.

Dela : Le nom a plus de 10 ans, on ne s’en rappelle plus.

Depuis combien de temps vous êtes dans le circuit ?

Sidi Sid : Ça fait 10 ans qu’on est présents, mais ça fait un peu moins de temps qu’on entends vraiment parler de nous.

Comment vous définiriez votre style ? À l’écoute on ressent des paroles fortes et sombres à la fois, avec des instrumentales bien sombres.

Sidi Sid : Franchement pour moi, on fait du rap normal. Dans le métal, tu retrouves des sous genres, dans le rap aussi. On fait du rap avec les moyens de 2015, avec ce qu’on a appris, ingéré et digéré dans nos vies.

Qu’est qui vous a poussé à vous lancer dans ce style de musique ?

Sidi Sid : On a essayé, on nous a dit qu’on était bons et on aimait ça. C’est l’amour du rap qui nous a poussé à en faire.

En parallèle de vos parcours scolaires, avez-vous suivi une formation musicale particulière ?

Dela : J’ai fait du solfège étant plus jeune, c’est tout.

Votre oeil sur l’actualité est-il important, pour façonner vos textes ?

Sidi Sid : Inconsciemment je pense que oui, mais plus l’actualité passe et plus j’aime bien revenir sur des périodes de l’histoire. Le problème c’est que ça va trop vite, tu peux pas être dans l’actualité au moment ou tu parles d’un truc, c’est déjà dépassé au moment où le morceau sort, et ensuite ça devient ridicule.

Vous collaborez avec des artistes comme Teki Latex à l’époque de TTC ou le roi du couscous merguez Alkpote. Les albums s’enchainent, puis vous revenez le 26 Janvier dernier avec l’album “Memento Mori”. Pourquoi avoir choisi comme titre “Memento Mori” et quelle est sa signification ?

Sidi Sid : C’est du latin et ça veux dire « n’oublie pas que tu vas mourir » ; ce que l’on appelle des Memento Mori c’est aussi des oeuvres romantiques, des vanités, d’ou la pochette de l’album. D’ailleurs à Nancy vous avez un joli fleuriste (Rue Saint-Nicolas) du nom de Memento Flori.

Dela : Revenir aux fondamentaux de la croyance, de la mort, d’où le nom Memento Mori.

Pour vous quelles sont les différences entre le premier et le second album. La maturité ? Un travail plus recherché ?

Sidi Sid : L’un va avec l’autre. On vise plus juste.

Dela : À chaque fois qu’on en fait un, il est plus abouti que le précédent.

Une question pour toi Dela. Comment as-tu composé tes prods sur cet album ? En chopant des samples à droite et à gauche, ou alors c’est plus de la totale composition ?

Dela : Toujours en chopant des samples. On a même repris des tracks qui ont plus de 3 ou 4 ans. On sample beaucoup. Je ne suis pas sûr qu’il y ait un seul morceau où il n’y a pas un sample dedans.

Dans l’album, on retrouve des titres phares comme “Pimp C” ou “NTM” mais un morceau m’a intrigué, c’est le titre  “Hugo”. Quel est le message que vous voulez faire passer dans ce titre ? Que la société de consommation est de plus en plus chère et qu’on se sent obligés de suivre la masse comme des moutons de Panurge ?

Sidi Sid : (Rires). La question est vraiment pas mal, c’est très tiré par les cheveux. Déjà c’est rien en vrai, c’est plein d’idées, c’est pleins de concepts qui s’entremêlent. Si je devais faire du pognon, je chanterais comme Stromae ou Sexion d’Assaut, je le ferais sans problème. Après c’est un morceau assez bizarre, c’est une sorte de dénonciation. On consomme tout le temps, on a pas trop le choix en fin de compte.

Un autre titre m’a marqué, c’est Olivier Machin. Qu’est-ce que vous avez contre Olivier Cachin ? C’est le fait qu’il soit resté bloqué dans son époque ?

Sidi Sid : Oui c’est ça, c’est aussi l’image qu’il représente. C’est quelqu’un qui fait semblant d’être resté dans son époque, c’est son style. Il est resté dans le rap d’avant et il t’oblige à écouter que ça. C’est un des mecs qui va dire : « les médias vous parlent tout le temps de la même chose » et qui, au final, fait exactement la même chose que ceux qu’ils critiquent. C’est pour ça que je dis à un moment dans le morceau : « Doigt en l’air pour Olivier, si ça c’est pas du rap de fils d’ouvrier » car il a une réaction très réact’ sur le rap. Tout le monde maintenant fait du rap !

Dela : C’est tout à fait ça !

Sinon le Chill Up c’est un festival créé pour présenter l’art et la culture sur Nancy sous différents aspects, que ce soit dans le street art, la danse, la musique ou le street-wear. Ça fait quoi d’y participer et d’être présent là ce soir ?

Sidi Sid : C’est cool ! Je connaissais Nancy, mais j’avais oublié comment c’était vraiment. L’organisation est cool, c’est le grand luxe. Big Up à Repier.

Dela : On est contents, tout se passe vraiment bien. Big-Up aussi à Repier.

En dehors du rap, est-ce que vous écoutez aussi de l’électro ? Si oui, quels sont les artistes qui vous écoutez le plus ?

Sidi Sid : Moi j’aime pas trop le terme électro. C’est un terme généraliste. On vient de la musique électronique aussi donc ça veut pas dire grand-chose. On peut écouter du Aphex Twin ou du Hardstyle, tout en passant par des sons hollandais, des sons branchés, ou des sons plus débiles. On a une bonne culture électronique mais on suit pas trop ce qui se passe actuellement. On est un peu les Olivier Cachin de la musique électronique, on écoute moins de truc actuels.

Merci d’avoir joué le jeu, éclatez-vous bien sur scène, et à bientôt !

Sidi Sid : On va essayer. Merci à toi c’était cool.

Dela : Merci c’est cool.

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