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Interview #29 – Turnover, Concept Store pour les amoureux de musique l’électronique

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L’ouverture de Turnover, nouveau Concept Store nancéien avec une belle part faite à la musique électronique, a ému plus d’un mélomane. We Love Nancy a déclaré son amour à David Holfeier, le fondateur, après un premier rencard au cours duquel il nous a enseigné les préceptes de la séduction.

Inaugurer un Concept Store qui vend des vinyles au milieu de vêtements hommes/femmes, accessoires, déco et design, c’était la plus belle chose que la rentrée avait à offrir aux collectionneurs et diggers de sonorités électroniques. Depuis le 11 septembre, Turnover surprend avec une sélection recherchée de house, deep, detroit, techno, ambiante, avec une importance particulière accordée à la qualité et non à la quantité. Spécialisé dans la musique électronique – à ne pas confondre avec électro – il propose une offre différente des autres disquaires, plus généralistes ou orientés vers du rock. Chez We Love Nancy, nous étions très enthousiastes à l’idée de découvrir – et de faire découvrir – le nouveau shop de David, plus connu sous le nom de Diliman, DJ chez Youarehere.

Après Le Cent9, MILK, Jolie Môme et les autres Concept Stores qui fleurissent à Nancy, c’est au tour de Diliman d’implanter un beau projet au 17 rue de la Visitation. Si l’espace accordé au vinyle séduira plus d’un amateur de musique électronique, les autres ne resteront cependant pas insensibles aux autres charmes de Turnover qui permet de faire son shopping et de repenser sa déco en même un même endroit. Rien n’a été laissé au hasard dans la boutique du musicien, façonnée à son image, celle d’un homme raffiné de par ses choix musicaux et un sens certain de l’esthétisme remarqué par une cliente venue à la première heure : « C’est beau, agréable ! ».

Il y a 10 ans, il y avait une niche à contenter et Nancy avait son lot de disquaires spécialisés dans la musique électronique. De Minimal Records à Electrosound en passant par Wave, les passionnés du genre à la recherche de pépites d’or sonores savaient où digger. Depuis, ces temples du skeud ont désertés les rues, laissant derrière eux tout un public. Ceux qui ne trouvaient plus leur compte en terme de musique électronique dans la ville peuvent désormais dormir sur leurs deux oreilles, bien que le risque d’acouphènes soit désormais multiplié par deux. Un petit nouveau, Turnover, vient d’apparaître discrètement dans le paysage nancéien. Pour l’occasion, son fondateur nous a retrouvé autour d’un café pour nous donner des conseils en séduction aussi avisés que le choix de ses collections de vinyles, vêtements et accessoires.

Leçon n°1 :
Rester fidèle à ses convictions musicales et les partager.

La création de ce Concept Store était-elle la réponse à une demande grandissante depuis le boom de la techno/house ou, au contraire, la réponse à un public déjà bien présent à Nancy et dans l’attente d’un renouveau musical électronique ?

Mon rêve, c’était d’ouvrir un disquaire à Nancy. Pour moi le vinyle c’est une passion et je voulais la partager avant tout, indépendamment du fait qu’il y ait une niche sur le vinyle. Ça va faire deux ans que le vinyle est en pleine explosion et qu’il y a une recrudescence de pressage ; mais au-delà de ça, c’est vraiment une histoire de passion.

Au-delà de votre consécration pour le vinyle, qu’est-ce qui vous a donné le déclic ?

J’ai été booké en Afrique et quand je suis revenu, ça m’a ouvert musicalement et mentalement sur ma vie. Le Concept Store découle de ce voyage. Partir sans personne avec un sac à dos rempli de disques est une expérience qui m’a donné des frissons. J’ai été séduit par le concept “magasin à tout faire” et c’était une envie de gosse de faire ça. Barcelone, Berlin, Bruxelles ont été mes modèles. Je m’en suis inspiré et j’en ai fait un mix avec ma personnalité. La déco a été conçue de A à Z pou créer une ambiance qui m’est propre. C’est une histoire de passion, à la base.

Quelle est votre cible, et par quels moyens entendez-vous la séduire ?

J’ai voulu créer mon univers par rapport à une sélection très éparse de deep, detroit, acid, techno caverneuse et toucher un milieu assez “underground”. Mais ça ne va pas parler qu’aux DJs, je cherche aussi des gens qui viennent par hasard.

Leçon n°2 :
Cultiver sa différence, se distinguer des autres.

Associer la vente de vinyles à celle d’articles mode, de papeterie et de lifestyle, c’était votre vision de la relation parfaite ?

La base, c’est de créer un Concept Store avec de quoi s’habiller, ou encore décorer son chez-soi et le vinyle ; c’est le bonus. Le petit plus. Le fil rouge qui va vraiment avec mon magasin avec son côté vintage et son écho à la culture urbaine. En parallèle, on y trouve des petites marques qui sont connues mais pas encore implantées comme Pepaloves, qui vient d’Espagne. Il y aura d’ailleurs un turnover sur les marques, d’où le nom du shop. Le stock est limité, c’est pas comme H&M où tout le monde se retrouve avec le même T-shirt.

Vous vous distinguez aussi des autres disquaires en proposant une offre plus importante en matière de musique électronique ?

Non car mon rayon n’est pas énorme. Pour moi, c’était pas le but de faire du business en vendant des vinyles. Il y a quatre bacs : deep, Détroit, Chicago et ambient/techno mentaliste.

Si vous deviez ne choisir qu’un vinyle dedans, disons votre coup de coeur, lequel ressortirait du lot ?

Dream House Volume 1.2 sur Blind Jacks Journey Record, une Deep house épurée, et deux tracks de Gnork – Blorp93 qui sont fabuleux ! Masterpiece pour moi, j’ai trois copies !

Mon coeur balance avec un autre chef-d’oeuvre : Silent Movie Sounds II, très deep. Le label est un clin d’oeil à Rough House Rosie, film muet des années 30 dont la bande son a été ravagée par un incendie. 54 secondes du film ont pu être récupérées seulement donc il y a toute une histoire. Coup de coeur pour les artistes qui y ont collaboré HVL, Alex Danilov, Shines Grooves et Pjotr, que je suis depuis leurs débuts.

Leçon n°3 :
Faire les bons choix, oser être exigent.

Faites-vous une présélection dans tout ce que vous importez puis vendez ?

Les vinyles sélectionnés sont triés et il n’y a pas de double exemplaire. C’est du one-to-one, c’est-à-dire que je n’ai qu’une copie de chaque vinyle. Le but étant de proposer une offre assez diverse tout en restant dans la qualité. C’est très long de trier parmi tous les vinyles qu’il y a car j’aime beaucoup de choses et je voulais en faire profiter les autres. Je suis content d’avoir fait découvrir plein de petits labels aux gens, qu’il s’agisse d’ambient ou de pop. Le vinyle, c’est ça. Une question de partage et de passion.

Vous êtes assez sélectif mais on sent que “la qualité prime sur la quantité” est votre adage. Pourquoi ?

Je ne veux pas partir dans tous les sens car j’ai développé une image de marque au magasin. Il faut qu’il y ait un noyau.

Leçon n°4 :
Traiter le vinyle avec le plus grand respect.

Quelle est votre relation avec le vinyle ?

Un vinyle c’est comme une femme. Il faut en prendre soin, on le touche, on se l’approprie, on le ressent. À chaque fois que je pose une galette, je kiffe. Avec le support vinyle, les sens sont en exergue : les pochettes stimulent la vue, le wax invite au toucher et le son qui émane de chaque vinyle fait écho à l’ouïe. Un vinyle, c’est froid et chaleureux en même temps.

Comment succombez-vous à son charme ?

Il y a l’aspect visuel qui compte, mais ça reste néanmoins une question de ressenti, de feeling.

Leçon n°5 :
Entretenir sa relation de couple, casser la routine.

Quels sont les projets que vous souhaiteriez mettre en place par le biais de cette association musique/mode/déco/design ?

On verra par la suite comment ça va se développer. Le but, c’était vraiment de collaborer avec le Onze pour présenter ses collections et de mettre à disposition des jeunes créateurs de Lorraine le laboratoire qui se trouve dans le fond de la boutique. où présenter les jeunes créateurs de Lorraine. L’aspect disquaire peut rassembler et créer une dynamique dans le store avec des soirées digging, par exemple.

11866266_1052224061454522_3367624303427175706_nLeçon n°6 :
Ne jamais renier son passé amoureux, se souvenir de ses premiers émois musicaux.

Quel est votre premier amour ?

J’ai mis longtemps à trouver mon identité propre à la musique électronique mais c’est sans conteste après trois ans de recherche que j’ai diggé le double EP de St Germain, from détroit to St Germain ! L’histoire du commencement de la musique électronique pour moi ! Tout y est représenté ! Il y a aussi Superfunk, un skeud très frenchy. C’était toute la French touch.

Et votre première fois ?

J’ai commencé à mixer à l’âge de 14-15 ans et je suis parti dans tous les sens. Free party, hardcore, tribe, drum’n’bass… puis j’ai redécouvert la vraie minimale avec Mikael Stavöstrand et son application méticuleuse du glitch. J’ai acheté mon premier vinyle chez Minimal Records, à Nancy.

Justement, lorsque que vous mixez, opérez-vous vos choix avec autant de minutie que vous ne l’avez fait pour Turnover ?

Le DJ sert à faire danser mais je fais parti de ceux qui prennent des risques dans la mesure où je n’ai pas de masterpiece. Un vinyle, il faut le digger. Après, c’est une question d’histoire, ça dépend comment on la raconte et dans quel endroit on peut partir.

Diliman nous a prouvé qu’il avait, lui aussi, une belle histoire à raconter : celle d’un passionné, d’un connaisseur, d’un digger dans une démarche d’authenticité envers ses clients et lui-même en restant fidèle à ses appétences musicales, quitte à ne pas faire l’unanimité. Des arguments assez convaincants pour aller découvrir son univers, à commencer par ici et par .

Crédit Photos :  Mina Daniele

Turnover Concept Store
Facebook | Instagram | Site
17 rue de la visitation, 54000 Nancy
turnovercs@gmail.com | 03.83.44.46.48
Horaires :
mar-jeu : 10:30-19:00
ven : 11:00-19:30
sam : 10:30-19:00

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