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REPORT – Techno Story, rencontre avec les DJs

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Le vendredi 22 janvier, l’Autre Canal se transformait, le temps d’une soirée en une vaste communion autour de la musique techno. Longtemps diabolisée, cette vague musicale érode aujourd’hui beaucoup d’aprioris pour devenir un style musical qui compte de plus en plus d’adeptes à travers le monde, mais aussi, les rues de Nancy.

Organisée par le collectif Kontatk Prod, cette quatrième édition des soirées Techno Story s’est faite à guichet fermé et a réuni de nombreux adeptes de sons magiques et millimétrés autour de deux scènes. Show d’abord musical, la soirée a également eu son côté visuel avec la présence du graffeur nancéien Hyperactivity qui a réalisé une fresque inspirée et réalisée par les sets des DJ réunis pour la soirée.

Avec les précédentes soirées, Kontakt Prod avait déjà présenté la volonté cachée dans ses soirées : faire cohabiter les premiers sons du genre, ces hymnes à la danse, avec les sorties les plus récentes. Un mélange audacieux qui fait communier le public avec les artistes. Pour cette édition, les DJ représentaient tous les sous-genre dont regorge la techno avec, bien évidemment, la scène locale ainsi que internationale.

Pour cette édition, c’est Pierre, le DJ résident du club Fuse à Bruxelles qui tourne depuis plus de 20 ans. Un vieux de la veille à la culture musicale déjà éprouvée au The End de Londres, au Rex de Paris et, maintenant à l’Autre Canal de Nancy. Il a profité de la soirée et de son set pour faire vibrer le public au rythme d’un set maîtrisé avec lequel il a porté haut les couleurs de son label Lessizmore.
La scène locale, elle, était représentée par quelques noms qui ne vous sont pas totalement étrangers. Le premier : Manu Chaman est DJ bien connu et incontournable des nuits de Nancy qui, comme a son habitude, a su mélanger Techno et House pour faire frémir les épidermes dans cette cathédrale d’un soir dressée à la gloire de la musique. Luigi est venu faire voyager le public sur un set mélodique avec une énergie et un groove dont il a le secret. Enfin, grand patron des Techno Story et ambassadeur du genre, Toxic a pris les platines pour, à son tour, profiter de la communion entre la scène et la fosse.

Au cours de la soirée, on a profité de notre accréditation presse pour aller à la rencontre de chacun des artistes de la soirée pour leur poser une série de question. Hôte de génies à l’hospitalité magique, l’équipe de Kontakt Prod nous a proposé d’assurer les interviews. C’est Seby qui, en plus d’avoir géré quelques aspects de la soirée, a réalisé les portraits de chacun des artistes présents lors de la soiree. Un grand merci à lui qui nous a permis de profiter encore plus de la soirée. On parlera plus de portraits chinois que d’interview, mais on voulait en apprendre sur tous ces hommes cachés derrière les platines, mais aussi sur Hyperactivity caché un peu plus loin que les platines.

Pierre, si tu étais… ?

Si tu étais une chanson ?
« In the light of the miracle » d’Arthur Russell

Si tu étais un chanteur ?
Je serai black, ça c’est sûr !! Je dirais George Clinton.

Si tu étais un instrument de musique ?
Un instrument à percussion je pense, genre gamelan (ndlr : instrument originaire de Bali) ou hang drum pour le son métallique apaisant.

Si tu étais un club célèbre ?
Le Karma 17, à Moscou ! Pour son ambiance indus, sa lumière, ses décors éphémères installés dans cette usine désaffectée. Lezzismore y a une résidence (ndlr : label, agence de booking, d’évènements crées par DJ Pierre et Jessica Bossuyt).

Si tu étais un quartier de Bruxelles ?
Ma « ville-quartier », St Gilles, pour sa mixité culturelle.

Si tu n’étais pas DJ ?
Je sais pas trop. Un truc à la campagne, dans la nature, loin de l’activité citadine.

Si tu étais une période de l’histoire ?
Peut-être les années 50, aux USA, pour le renouveau, les utopies de l’époque, mais aussi l’architecture.

Si tu étais un personnage de film ?
Charles Ingalls !!

Si tu étais une photo, couleurs ou noir et blanc ?
Noir et blanc, pour le grain, la poésie, le côté irréel. Et sur film argentique. En ce moment, j’apprends à développer mes propres films. La photo est une vraie passion pour moi.

Manu Chaman, la dernière fois…

Dernière fois que tu as été marqué par un disque ?
Hier soir, en écoutant un morceau « Hana » de Fat Sushi Un track assez mélancolique que je vais peut-être jouer ce soir.

Dernière fois que tu as écouté une musique en cachette ?
C’était un remix de Guetta du morceau « Heroes » de David Bowie.

Dernière fois que tu as bloqué sur une musique de film ?
Je dirai toute l’œuvre de Quentin Tarantino, avec ses univers décalés. « Django » peut-être, mais aussi la BO du film American History X de Tony Kaye.

Dernière fois qu’un artiste t’a ébloui ?
Rone !! Musicalement, humainement. Un spectacle incroyable, un artiste complet quoi ! Sinon, plus récemment, AirSouth, un jeune artiste français à découvrir !

Ton dernier truc « casse-couilles », c’était quand ?
Deux gonzesses qui voulaient que je leur passe du R’n’B. Je leur ai conseillé Fun Radio !

Dernière soirée dont tu ne te souviens plus de la fin ?
Cette nuit, disons plutôt ce matin. J’ai mixé jusqu’à 11h00, et après, je sais plus trop….

Dernier projet ?
Un album en préparation, avec des morceaux dancefloor et d’autre plus expérimentaux. Il devrait sortir pour le printemps si tout se passe bien. J’ai également des projets de EP sur Motech et Reload Records.

Dernière chose que tu écouterais avant l’apocalypse ?
L’album “The Wall” des Pink Floyd.

Luigi, une histoire de culte ?

Chanson culte ?
Je dirais « Everybody’s got to learn sometime » des Korgis.  Un groupe anglais des années 80.

Chanteur culte ?
John Lennon, pour la voix, le message politique et son côté humaniste.

Film culte ?
Sans aucun doute, « Qui a tué Pamela Rose ? » !

Club culte ?
Le Rex, à Paris !

Livre culte ?
« Oui Oui et la gomme magique » ; ça me rappelle mes gamines. Je leur lisais quand elles étaient gosses.

Club de foot culte ?
Sans hésiter, l’Olympique de Marseille 1993 ! L’année de leur victoire en coupe d’Europe avec Tapie aux manettes.

Boisson culte ?
Coca. Suis accro ! Je dirai que j’en bois 2 litres par jour !

DJ culte ?
Laurent Garnier, le boss. Pour son univers, ses mélodies. Garnier ça me parle tout de suite.

Toxic, ta première… ?

Première chanson que tu te souviens avoir écouté ?
« Gaby » d’Alain Bashung, chez mes parents.

Premier artiste que tu as un peu honte d’avoir aimé ?
Disons…, 2 Unlimited. Avec le recul c’est vraiment de la grosse dance pour ados !

Premier vinyle acheté ?
Un truc house de Bomb the bass, « Beat Dis », en 87 je crois.

Premier souvenir mémorable de concert ?
Daft Punk lors du NJP 97, au Zénith de Nancy ! La soirée s’appelait PulsaGroove.

Premier instrument de musique ?
Un mange-disque, offert par mes parents vers l’âge de 6 ans, avec le disque des « Maîtres de l’univers » !

Première fois en club ?
Vers 16/17 ans, au Campus et à la Scala (ndlr : deux clubs techno nancéiens ayant aujourd’hui disparu).

Premier choc électronique ?
Je dirai « French Kiss » de Lil’Louis, en 89 !

Premier DJ set ?
J’avais 18 ans, c’était au Bombarbier dans la grande rue ; aujourd’hui, c’est au restau.

Et enfin, ta première « vraie » fois ?
16 ans !

Hyperactivity, c’est ton choix… ?

Bombe ou poska ?
Disons grog. C’est un applicateur de cirage, style Baranne, détourné de son usage. Ça coule, c’est « vandal » quoi ! Le marqueur de mes débuts.

Techno Story ou Hands Up ?
Hands Up ! Ça me parle plus, esprit 70’s, funky. En plus, la performance artistique que j’ai réalisée à cette occasion est celle que je préfère. Le visuel, une main levée, un de mes symboles fétiches.

Bubble ou Wildstyle ?
Les deux ! On parle alors de flop ! Un bon flop fait de toi un bon graffeur. Un seul trait, des mouvements amples ; c’est du « vandal » avec élégance ! Swet et Rim sont deux grosses références dans cet esprit.

ASNL ou FC Metz ?
L’ASNL bien sûr. Je suis lié à ce club, à son stade. J’y ai mis la première fois les pieds  quand j’avais 9 ans, en 89. Beaucoup de souvenirs, j’y ai fait mes premiers graffs. Sans le stade, ma vie aurai été différente.

Wu-Tang ou Iam ?
Sans hésitation, Wu-Tang ! L’album « Enter the 36th chambers », ODB ! Mortel !

Musique ou graffiti ?
Graffiti. Je ne peins pas en musique, sauf ce soir pour cette Techno Story. Mais la musique reste malgré tout un plaisir. Des Clash période Sandanista, à Brassen ! Punk, anar’ !

Atelier ou hangar ?
Hangar, pour l’espace, le plaisir de s’approprier un lieu.

Pétard ou pinard ?
Pinard, et de préférence du rouge Italien !

Clubber ou dormir ?
Dormir. Un hyperactif doit se reposer…

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